Silmaeth (GOAT TORMENT, ex-MAYHEM, ex-SATYRICON…)

(Photo de couverture : SATYRICON, Live in Buenos Aires, 2011. Pic de Martin DarkSoul)

Retour sur le Fall of Summer 2016 ! Oui, on est désormais plus proche de la prochaine édition que de la dernière en date, mais parfois, certains articles sont à la traîne… (Je t’en parle de celui avec Robbie Tart pour les VIBRATORS en attente depuis octobre 2015 ?!) Avec Chuck, fait marrant, on s’est rencontrés dans un avion ! Un Toulouse-Paris, je rentrais chez moi et n’avais pas pu voir certains amis car il y avait une audition pour SEKTARISM … Dans l’avion, je rejoins mon siège vers le milieu de l’appareil « Tiens, un metalleux… Il a la tête d’un mec de la scène parisienne mais je ne sais plus lequel… » Puis finalement, ce mec s’assoit à côté de moi et en jetant un coup d’oeil à son t-shirt …« Hey ! C’est toi alors le nouveau bassiste de SEKTARISM ?! » Cette tête ! « Ah pardon, Alicia, une amie de Berzerk ! » Blah-blah-blah. Après avoir réussi à l’attraper sur le stand Necrocosm au festival, on a causé de ses débuts dans la scène, du comment il en est arrivé à jouer dans MAYHEM, de tournées aux USA, d’anecdotes avec SATYRICON en Amérique du sud, d’une tournée montée à l’arrache avec SVART CROWN au Canada et aux Etats-Unis et d’un projet solo à la traîne…

MAYHEM Live - Pic de Julien Etienne: http://www.julienetienne.fr/
MAYHEM Live – Pic de Julien Etienne:
http://www.julienetienne.fr/
      • Alors le plus simple pour toi… hum, les premiers groupes… En fait tu fais surtout zicos de session live j’ai remarqué ? (Alicia)
      • Beaucoup trop ouais. On m’appelle Chuck-le-mec-qui-ne-sait-pas-dire-non. (sourire) (Silmaeth)
      • Ah !
      • Ca en dit long !
      • Du coup tu dois avoir quand même pas mal d’anecdotes !
      • ‘Y en a pas mal, y en a pas mal…
      • Alors que je regarde… 2008-2011, MAYHEM… Tu as commencé avec eux où tu avais d’autres groupes avant comme membre de session ? Comment tu as atterri dans tous ces groupes norvégiens ?
      • Alors avant ça je jouais dans des groupes parisiens, mon tout premier groupe ça s’appelait EPIC, c’était au milieu des années 90′, la grande mode de CRADLE OF FILTH, black sympho machin, on avait 16-17 ans, voilà, pour se justifier (rires). Et début 2000 on est passés à autre chose et on a monté VORKREIST avec tous les anciens d’EPIC, donc en plus death / black et j’ai fait deux albums avec eux. Après j’ai déménagé au Japon à Tokyo en 2005-2006 et ne sachant pas pour combien de temps, je leur avais dit « Bon bah voilà les gars, on m’a proposé du taf là-bas, je vais y aller mais je ne quitte pas le groupe, je reviens peut-être dans un an ou peut-être dans un peu plus…On verra. » Par la suite ils ont eu une proposition de tournée avec HORNA en Europe, « Ah ok pas de problèmes je reviens », sauf qu’entre temps ils avaient pris un guitariste session et voilà, une fois qu’il était dans le truc, on n’allait pas non plus lui dire « Bon ben désolé mais tu ne feras pas la tournée. »
      • « Merci, au revoir ! »
      •  Donc on a discuté là-dessus et on s’est dit « Bon bah ok il la fait. » Au final je suis resté deux ans au Japon puis il a fallu que je revienne pour raisons personnelles et les deux-trois derniers mois où j’étais à Tokyo, je reçois un message de mon ex-copine qui s’est retrouvée pour des raisons, on va dire « circonstances de festival », à sympathiser et à sortir au final avec Pete Sandoval le batteur de MORBID ANGEL (ndlr : ben tiens deuxième fois qu’il atterrit sur le blog lui, cf. le premier article avec Dagulard !), et là elle me fait « Bon, là, Chuck, leur gratteux a disparu, je pense que tu devrais tenter ta chance et auditionner pour MORBID ANGEL », je lui fais « Ben tu déconnes, pourquoi, je suis qui moi ? De la scène underground parisienne je ne suis personne… »
      • Puis on imagine tout de suite au moins cent personnes se précipiter sur les auditions !
      • Bah exactement ouais ! Et tout de suite elle me dit « Bah t’as rien à perdre… » et je lui dis « T’as complètement raison, j’ai rien à perdre ». Donc elle en a parlé avec lui, il a fait « Ouais il a cas envoyer des trucs », ce que j’ai fait et ils ont dit « Ouais ok pourquoi pas. » Donc trois mois après, un mois après que je sois rentré en France, je suis parti à Tampa en Floride, on a fait l’audition, ça s’est plus ou moins bien passé, il y a des anecdotes mais je vais passer là-dessus, bref j’étais le premier gars qu’ils ont auditionné ils m’ont dit « Bon ok mais va falloir que tu bosses ». Mais bon, tu penses bien qu’il faut qu’ils en auditionnent plusieurs pour décider donc après ils ont passé une annonce officielle. Ils m’ont dit « Voilà tu fais pareil que les autres », trois-quatre mois après j’étais rentré à Paris, j’ai fait la vidéo et envoyé les trucs et à la fin, j’étais complètement surpris de recevoir un mail de David Vincent « Ok, on hésite entre trois personnes : lui, lui et toi. » J’imaginais qu’ils avaient auditionné 200 personnes en fait ils en ont fait une trentaine, parce que comme moi les gens se disaient « Bah non, pas le profil, machin… » Bref ! Au final ils ont pris Thor Anders, le mec de ZYKLON. Quand j’ai su qu’il était dans la compèt’ je m’étais dit que ça allait être lui de toute façon, il a un niveau tellement supérieur au mien … ça n’a pas raté ! Une semaine après je reçois encore un mail de David Vincent « Ouais par contre est-ce que ça t’intéresserait d’auditionner pour MAYHEM, je viens d’avoir Hellhammer comme quoi Blasphemer s’est barré et ils cherchent un bon gratteux… » J’ai fait… (ndlr : bon t’imagines sa tête hein ! ) Donc il m’a mis en contact avec lui, il m’a fait « Est-ce que tu penses être prêt pour le Hellfest dans un mois ? » Euh… (rires) Gros stress, machin… « Bon bah envoyez-moi la set-list maintenant ! » Il me l’a envoyé et j’ai commencé à bosser et là dans la foulée il me dit que finalement Blasphemer avait décidé de faire tous les festivals de l’été et de se barrer après, donc qu’au final je n’aurai pas à faire le Hellfest. Il m’a dit « Par contre, viens la semaine prochaine, on va faire une audition et voir comment ça se passe et tout… » donc je suis allé dix jours après rencontrer les gars, et c’est encore une autre anecdote qui vaut son pesant d’or, qui est longue à raconter mais je… je raconterai dans une deuxième partie, une autre fois. Et bon au final ils m’ont dit « OK, Welcome to MAYHEM ! » par contre, ils ne m’ont pas recontacté avant janvier de l’année d’après parce qu’il n’y avait pas d’autres actualités après les fests de l’été et finalement je suis allé à Oslo en janvier 2008  je crois et ça a commencé comme ça. J’ai joué pendant deux ans avec eux, et MAYHEM… Bah c’est MAYHEM quoi !

        MAYHEM, 2010, Hong Kong
        MAYHEM, 2010, Hong Kong
      • Et t’as tourné où avec eux ?
      • J’ai fait quasiment tous les continents en fait ! Europe, Amérique du Nord, Amérique du Sud, Australie, Nouvelle-Zélande, Japon… On n’a pas fait l’Asie continentale.
      • Tu avais déjà fait des tournées courtes auparavant avec tes groupes ou direct tu as été mis dans le bain pour des tournées qui durent plusieurs mois d’affilée ?
      • Eh ouais, direct ! Je n’avais pas fait de véritables tournées en fait avec mes groupes undergrounds, on avait fait surtout des dates ponctuelles ou deux-trois dates à enchaîner…
      • Et alors comment ça se passe quand t’es propulsé comme ça ?
      • Ah bah déjà ça fait bizarre de se retrouver dans un groupe comme MAYHEM qui est un nom… Un groupe que j’écoutais quand j’étais gamin, avec en plus l’image et l’aura que le groupe dégage. Après voilà, tu t’adaptes et euh… ouais après c’est une question de personnalité aussi, de communication, d’échanges naturels, bref, être soi-même : si ça passe tant mieux, si ça ne passe pas ils te le feront savoir, ils te diront « Tchao ! » Visiblement ça l’avait fait dés le début…
      • Il y a une différence entre les tournées en Amérique et celles en Europe ? Je sais que même en Europe il y a une grande diversité de public mais est-ce qu’aux USA c’est quelque chose de complètement différent ?
      • C’est complètement différent ! Les Etats-Unis en fait c’est un peu perturbant la première fois que tu tournes là-bas parce que c’est considéré un peu comme un berceau de la scène metal et tu te rends compte très vite qu’en fait mais non, les USA c’est mort… Quand il s’agit du véritable metal, genre les 80’s aux USA c’était clairement le… le… merde je ne trouve pas le mot… le modèle à suivre quoi ! Et là tu te rends compte que ça a viré au néo metal deathcrabcore shoegaze crossover à bloc !
      • Oui, et ça je ne m’y identifie pas du tout, ça n’a rien à voir, donc le metal underground on va dire, ou plus issu du heavy metal, c’est devenu relativement minoritaire en fait ! Alors soit t’as des tournées plus ou moins underground qui se passent plus ou moins bien et souvent pas très bien… C’est la galère tu ne sais jamais si tu vas finir la tournée, si tu vas être payé à la fin du truc, s’il ne va pas y avoir d’annulations… Ou alors : t’es greffé sur des tournées avec cinq-six, voir sept, voir huit groupes ! Des tournées massives avec deux-trois têtes d’affiches, des groupes « moyens » et des groupes locaux qui ouvrent en fait, qui paient pour être sur la tournée et à qui on demande de ramener leurs potes fan-base. Ça marche vachement au « Il faut être rentable », à l’américaine, capitalisme… Du coup ils se retrouvent avec des affiches complètement incohérentes parfois ! Genre metal extrême avec des trucs un peu plus modernes et d’autres plus old-school… ça fait un truc super éclectique certes, mais en gros, le public vient pour voir ces groupes là et se barre après. C’est pas vraiment non plus super efficace…
      • Et t’as un public plutôt jeune ou plutôt old school ? Pour des groupes comme MAYHEM, là-bas.
      • Alors ça dépend vraiment des dates, des villes, c’est très variable. Et, ah oui, il y a une chose qui est une évidence, c’est côte-est / côte-ouest ! Et au milieu : no man’s land, c’est la Creuse quoi ! T’as en moyenne 100-150 personnes par date, voir des fois 50… la loose. Par contre côte-est, New York, Philadelphie… blindé ! Californie blindée aussi !
      • Des salles de quelle jauge à peu près ?
      • Boah c’est variable, ils essaient d’adapter, mais on va dire une grosse salle dans une grosse ville… 1500-2000 personnes ? MAYHEM on a fait le House of blues trois fois à Chicago, Los Angeles et je ne sais plus où… C’est un peu une institution là-bas, une putain de grosse salle, un peu genre l’Elysée Montmartre à Paris, en plus classieux encore, et c’était blindé ! Alors c’était marrant parce que Los Angeles les 3/4 c’était des mexicains, parce que les die-hard, les vrais de la Californie, c’est des mexicains !
      • Mais même au Mexique, ils sont réputés …
      • Ah c’est des tarés ! Après quand tu vas taper dans le néo metal tu vois tout de suite que ce n’est pas trop le même public (rires) ça se blanchifie un petit peu plus… Mais bon c’est propre à la Californie.2010
      • Et alors tes meilleurs concerts sur cette tournée ?
      • Alors mes meilleurs concerts aux US… New-York, Chicago…  Il y en a eu des très bons, c’est difficile d’en sortir un dans le lot. Il y en a eu des catastrophiques ! On s’est retrouvés … On devait jouer à Atlanta en Géorgie, la date a été déplacée dans un patelin complètement paumé en Géorgie, bled réputé pour avoir une salle de merde, on nous avait dit « Ah putain, vous allez jouer là… » ben ça n’a pas raté. Le truc, c’est grand mais ils ont deux scènes, dont une de merde avec des trous, genre il manque des planches ! (rires) T’es sur scène et si tu fais pas gaffe tu te plantes la jambe et tu te fais une fracture ! Super dangereux, pas de backstage, des chiottes publiques juste à côté de la scène, un espèce de terrain vague derrière qui était réservé aux groupes, tu pouvais éventuellement aller t’y faire une douche à la gitane, aller déféquer dans les bois… (rires) Sinon t’avais une grande scène de l’autre côté, avec tout le matos, les lights, la sono qui va bien… Y a du monde et tout, et ils te font jouer sur la petite scène ! « Ouais l’organisateur n’a pas voulu appeler le mec qui gère la console là-bas parce qu’il est trop cher… » Donc voilà, conditions de merde, son de merde, j’ai manqué de me vautrer plusieurs fois, c’était le pire de la tournée ! Et deux jours après tu te retrouves dans une putain de salle au Texas, immense, avec une sono d’enculé, des lights, un staff super pro…
      • Ah tiens le catering à l’américaine ça ressemble à quoi ?
      • Bah c’est très variable aussi ! Il y en a où il n’y en avait quasiment pas, c’était des tomates périmées… Et le lendemain c’est buffet royal ! Tu sens le côté fédéral quand même, d’un Etat à l’autre, t’as pas l’impression d’être dans le même pays en fait.
      • Et en Europe, des anecdotes ?
      • Au final c’est peut-être le continent où il y a le moins de trucs particuliers à dire parce que voilà, c’est l’Europe donc on est déjà habitués plus ou moins à la mentalité de chaque pays…
      • Et puis aussi comme c’est des groupes assez rodés, il y a moins d’imprévus, de choses comme ça…
      • Ouais et ça reste le continent du rock et du metal, quoi qu’on en dise, donc ouais c’est moins surprenant quand tu vas en Suède, en Allemagne, en Italie… enfin si l’Italie c’est particulier. Le sud de l’Europe de toute façon pour le metal c’est une cata’ (rires). Les anecdotes les plus marquantes sont surtout en dehors de l’Europe, alors pour en sortir une je dirai… Tournée en Amérique du Sud, centrale. C’était avec SATYRICON, donc après MAYHEM et on avait commencé par le Mexique. La Colombie c’était particulier : énormes salles mais pas beaucoup de monde, c’était spécial… Ah ! Costa Rica : ce fameux pays très curieux qui a une politique… On débarque à l’aéroport, on sort, on s’attendait à un van ou autre qui nous amène à l’hôtel et là, un bus entier avec une douzaine ou quinzaine de personnes qui descendent, toutes avec un t-shirt blanc « SATYRICON – Costa Rica » le staff… Genre on est IRON MAIDEN quoi, wow ! Ils arrivent, souriants, super fiers de t’accueillir, ‘fin bref ! Ils prennent nos bagages, mettent tout en soute, accueil royal, ils nous emmènent à l’hôtel cinq étoiles avec piscine et fontaines, des chutes d’eau dans la réception… On arrive dans une chambre : une chambre chacun avec deux lits double, ROYAL ! Et finalement on va à la salle, on joue, salle immense mais quasiment personne, devait y avoir 200-250 personnes, comme une répèt pour les potes pour tous ces moyens là mis à disposition ! Et le lendemain, tu débarques au Salvador qui sort à peine d’une guerre civile avec son voisin guatemaltèque : l’antithèse du Costa Rica avec une super grosse insécurité. L’hôtel était attenant à la salle où on jouait, même pas à un pâté de maisons et les mecs nous ont dit « Ne pensez même pas à traverser la rue, à aller en face ou au supermarché… Vous restez là ! ». Le réceptionniste avait un pistolet à la ceinture… On arrive à l’hôtel, contraste énorme avec le Costa Rica, quelque chose auquel on devient habitué. On va ensuite à la salle faire le sound-check, à la fin on commence à voir des militaires qui arrivent avec des fusils mitrailleurs, genre beaucoup quoi ! « Mais qu’est-ce qu’il se passe ?! » – « Non non c’est la sécu… » – « Ah ouais… » (rires) le staff de la sécu c’est les paramilitaires en fait. Une dizaine dans la salle, une dizaine dehors…  ça te permet de juger un peu du niveau de sécurité des pays. Concert mortel, public super déchaîné en Amérique centrale, dont une partie venu du Guatemala et ils sont très patriotiques. Donc ces guatemaltèques qu’étaient venus avec leur drapeau national, qui ressemble bizarrement très très très très beaucoup au drapeau salvadorien ! Genre c’est les mêmes couleurs : une bande bleue, une bande blanche, une bande bleue pour le Salvador, Guatemala pareil avec un espèce de sigle au milieu… Parmi les mecs du premier rang il y avait des guatemaltèques qui brandissaient leur drapeau, à la fin du concert Satyr prend le drapeau pour dire un mot genre « Merci public salvadorien ! », et là t’as les gars du Guatemala genre « Non! Non ! » (rires) et il s’est rattrapé à la dernière minute, à la dernière seconde ! Je ne sais plus la tournure de sa phrase mais il a remercié genre les fans d’Amérique centrale,  il s’apprêtait à dire les salvadoriens, mais il a remercié les fans, t’imagines  on aurait été à deux doigts de se faire tirer dessus ! (rires)

        SATYRICON, Live Buenos Aires, 2011. Pic de Martin DarkSoul
        SATYRICON, Live Buenos Aires, 2011. Pic de Martin DarkSoul
      • Sur la route, rien de spécial ?
      • Non, l’Amérique du sud c’était en avion, on faisait une capitale chaque jour donc il fallait prendre l’avion chaque matin. Aux Etats-Unis ils ont des routes de merde, suivant les Etats, pas terrible pour le dos… En Europe c’est bien, pas d’anecdotes particulièrement… Bah après il y a d’autres trucs mais je n’en parlerai pas, c’est pas judicieux. Sinon plus récemment j’ai tourné avec SVART CROWN l’année dernière, aux Etats-Unis aussi, on ouvrait pour DEICIDE et on était avec ENTOMBED A.D. On se partageait un mini tour bus, ce qu’ils appellent les bandwagons, c’est des mini bus mais avec couchette, sept places. On a très vite sympathisé, ça commençait bien. Et jour après jour on a commencé à sentir des trucs qu’allaient pas trop, genre il n’y avait pas d’affluence, les tour managers commençaient à être super radins sur plein de trucs… On a très vite senti que la tournée allait être foireuse, financièrement ça s’annonçait bank-route eeeeet… Bingo ! On a commencé à New York, au bout d’une semaine on était à Portland, Oregon, à l’extrême opposé. Et la veille on sentait qu’il y avait des trucs bizarres, genre des échanges de mails entre groupes et managers… Au final ils annoncent qu’ENTOMBED est dégagé de la tournée parce que ça coûte trop cher et que la tournée ne vend pas assez… Parce que eux demandaient un cachet, nous on était juste là, on partageait les frais du bus. Mais du coup, comme on partageait le bus avec eux : on se retrouvait seuls à devoir payer le bus et on n’avait pas les moyens ! Donc là, « Qu’est-ce qu’on fait, est-ce qu’on rentre en Europe comme eux ? Est-ce qu’on continue à nos propres frais ? » Et on s’est dit « Bah non, pas moyen qu’on arrête ! »bbq-on-tour
        Et on a décidé de continuer, on a loué un van, on est allés jusqu’à Los Angeles pour voir comment ça se passait, il y avait un peu plus d’affluence mais c’était pas non plus ouf, et arrivés à L.A on a déposé le van, on en a repris un autre pour continuer et en fait les autres groupes se sont barrés les uns après les autres … HATE ETERNAL qui faisait partie de la tournée, Erik Rutan leur guitariste chanteur s’est blessé après un déchargement, il saignait du pouce, machin… Il est allé voir le médecin « Ah là t’en as pour deux-trois semaines minimum », ils se sont barrés au Texas et on était plus que trois groupes à la fin ! Et DEICIDE, comme ils sont de Floride, ont fait « Bah nous on n’ira pas jusque New-York », comme la tournée devait finir là-bas, et on s’est retrouvés comme ça, une semaine avant la fin de la tournée. Il restait encore cinq-six dates « Ok ! Qu’est-ce qu’on fait ? » et Jb, guitariste / chanteur / manager de SVART CROWN, balance à bloc des messages sur facebook et les réseaux sociaux « On cherche des dates, est-ce que vous connaissez des promoteurs qui peuvent nous trouver des dates entre Dallas et New-York ? » Ce qui fait quand même une trotte… Bref, on nous trouve deux-trois promoteurs qui nous proposent de venir jouer, et là, message de promoteurs québécois « Ah bah il y a vos potes SETH qui font une mini tournée au Canada à Toronto, Montréal, Québec… Si vous voulez vous pouvez faire quelques dates on vous met en première partie ? » Nickel ! On s’est greffé à la tournée, on est remontés jusqu’à Toronto, on a fait deux-trois dates ce qui nous a permis de nous rapprocher de New-York où on a joué deux soirs de suite ! On a fini la tournée et on était là (ndlr : imagine encore la tête hein !) On est le seul groupe qui ait fini la tournée !

        SVART CORWN, Live, Indianapolis, 2015. Pic de Mike Lansaw. https://www.facebook.com/SickenDesigns-124641017673213/
        SVART CORWN, Live, Indianapolis, 2015. Pic de Mike Lansaw.
        https://www.facebook.com/SickenDesigns-124641017673213/
      • C’est cool d’être arrivés à vous démerder pour exploiter le truc ! Et alors je ne sais plus qui, ça doit être Berzerk, Anto ou Guillaume, qui m’a dit « Ha faut que tu demandes à Chuck comment s’est passé l’audition… » alors avec SATYRICON ou MAYHEM, je ne sais plus ?
      • Ouais… Non SATYRICON c’était normal, c’était MORBID ANGEL et surtout MAYHEM ! MAYHEM elle est particulière, mais comme je te disais tout à l’heure, épisode deux si ça ne te dérange pas, car il y a beaucoup de détails et là je ne suis pas en état de … Je vais griller les étapes et elle vaut vraiment la peine ! Si ça ne te dérange pas on la fera une prochaine fois mais… Elle vaut son pesant d’or !
      • Ok !
      • Je t’ai juste dit, quand ils m’ont dit « Welcome to MAYHEM ! », c’est parce qu’il s’est passé des trucs… mais bon !
      • Rha… Et là du coup t’en es où niveau actu ?
      • Alors musicalement là je suis à plein temps dans un groupe qui s’appelle GOAT TORMENT, groupe belge. Là on a quelques dates qui se pointent, on fait le Prague Death Mass dans deux semaines et quelques dates en octobre à Londres, en Hollande, on va faire le Incubate en décembre, qu’est un super fest sur quatre-cinq jours sur toute la ville avec plein de salles, différents styles rock / metal et autres… Et là on commence à composer un nouvel album avec le nouveau line-up. Il y a moi, Zakk qui a joué dans HELL MILITIA ce matin, AOSOTH, ANTAEUS et TEMPLE OF BAAL, donc voilà les deux parisiens. Ensuite Niels, notre guitariste / chanteur qui est belge et notre batteur est allemand, Florian, qu’est un ancien de BELPHEGOR et de BETHLEHEM. Voilà, le line-up fonctionne super bien, on a fait quelques dates, une petite tournée aux Etats-Unis juste côte ouest et ça s’est super bien passé, bonne énergie, osmose, ça fait plaisir, relativement simple musicalement et efficace ! Je fais ça et comme je te disais tout à l’heure, « Chuck-le-mec-qui-ne-sait-pas-dire-non », donc quand on me propose des sessions beeen… (sourire) J’essaie de refuser mais parfois c’est difficile quand c’est des trucs originaux ! Sinon j’ai mon projet qui traîne depuis quatre-cinq ans et qui fait chier parce que mon chanteur est tombé gravement malade.
      • C’est un projet connu ou que tu étais en train de monter ?
      • Non là on a enregistré ensemble, on devait le sortir et il a commencé à tomber malade au studio. Il va falloir que je trouve un autre chanteur, comme je ne chante pas, ça fait chier et je suis très exigeant là-dessus, c’est mon projet, je compose tout et ça va prendre du temps pour trouver quelqu’un pour le remplacer.
      • Quel genre ?
      • Death / black. Extrême ouais. En fait c’est basé sur les morceaux que j’avais composé pour MAYHEM quand j’étais avec eux mais en fait ça ne l’a pas fait… Et j’en étais assez fier, assez content, j’ai décidé d’en faire quelque chose. Et on a eu des galères avec les labels, c’est pour ça que ça a pris du temps, on s’est fait planter, après il y a eu le diagnostic avec sa maladie … Mais je ne laisse pas tomber l’idée, c’est mon bébé donc il faut qu’il sorte. Et là je travaille encore sur les visuels, comme tu sais je suis graphiste, et là aussi je suis exigeant et ça prend du temps. Mais comme je n’ai pas de chanteur, je n’ai pas trop d’actualité, donc peut-être que je ne me fous pas trop la pression… Et encore une fois, « Chuck-le-mec-qui-ne-sait-pas-dire-non », je devrais peut-être dire non et miser là-dessus, bref, voilà.

        GOAT TORMENT, Live Utrecht, 2016. Pic de Apophis Photography
        GOAT TORMENT, Live Utrecht, 2016. Pic de Apophis Photography
      • Et avec tous ces groupes… « nordiques », t’as passé pas mal de temps en Norvège ?
      • Je fais les aller-retours ouais, je n’ai jamais déménagé en Norvège ou habité là-bas, hors de question c’est beaucoup trop cher…
      • Ouais c’est ce que j’allais te demander !
      • Le niveau de vie est beaucoup trop élevé donc avec mon taf, tu peux pas aller vivre là-bas… MAYHEM et SATYRICON sont de Oslo, c’est une ville que je n’aime pas du tout, qui n’a aucun charme, aucun intérêt… A la limite, Bergen, oui, j’aurai réfléchi vraiment sérieusement, l’ouest de la Norvège est vraiment magnifique, un des plus beaux coins de la planète, vraiment ! Mais Oslo…
      • Okay. Je vais aller vivre un mois en Norvège en mars et après je finis sur un week-end à Oslo, manière de voir…
      • Ouais voilà, finis là-bas et t’attardes pas il n’y a rien à faire ! Attarde-toi sur la côte ouest, le nord…
      • Ouais je vais rester dans le nord.
      • Je t’encourage, Tromso, tout ça, les îles Lofoten… Trondheim et Bergen.
      • Ouais j’aimerai beaucoup avoir le temps d’y passer !  En fait je vais être plus dans le coin d’Alta… genre dans un coin paumé à environ trente kilomètres…
      • Ah ben tout est paumé là-haut, la Norvège… Tu dépasses Trondheim après c’est que des petits villages (rires) Et les grandes villes t’en fais le tour en vingt minutes.  T’as fini ou pas ?
      • Bah ouais !
      • Ca te va ?
      • Je reste curieuse sur les histoires d’audition…
      • Je te donnerai d’autres anecdotes, mais faut que je rate aucun détail et pour ça, faut que je sois à 100 % … (rires)

***

GOAT TORMENT:
https://amorfatiproductions.bandcamp.com/album/goat-torment-sermons-to-death

Prochain gig confirmé au Netherlands Deathfest II le 4 mars 2017
https://www.facebook.com/Goattorment/

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