Stephane H. (DEAD SEXY INC.)

« A hell of a ride that features a cocktail of filthy rock’n’roll and electronic anthem” ; “A dangerous international gang of freaks has decided to pervert the dancefloor” ; “Dead Sexy is a band that defines it’s own style… A bunch of pretentious wankers and proud to be so!” ; “Preaching danger on a bed of disco punk nails and live rock’n’roll at full speed. Banza-ai!” RIGHT! J’espère que je t’ai mis l’eau à la bouche ! Démarré il y a plus de dix ans, ce duo fracassant marrie le punk rock à l’électro sans oublier l’esthétique décadente du glam rock ! Groupe au parcours atypique, DEAD SEXY a entre autre réalisé un road movie, une B.D, travaille entre Paris & Berlin, a ouvert autant pour des artistes pop qu’industriels et a joué des Etats-Unis … au Japon ! BREF, comme tout groupe original à attitude rentre-dedans, on peine à comprendre pourquoi en France la reconnaissance est aux abonnés absents (quoi, comme d’habitude dès qu’on parle de culture alternative ?!) J’ai retrouvé Stéphane à son appart au moins d’avril, v’là de quoi on a blah-blahté !

 

Jeff Lescene, live à Cléon, 2016
Jeff Lescene, live à Cléon, 2016
    • Du coup j’ai regardé un peu votre bio, ça dit que vous étiez basés sur Los Angeles avant ? (Alicia)

    • Ouais ! En fait on est partis… Avec Emmanuel on se connaît depuis 25 ans, il sortait un album de LTNO (LES TETINES NOIRES), moi je travaillais avec un chanteur australien à Paris, j’avais arrêté le journalisme, je faisais toujours une émission sur OUI FM et puis quelques trucs pour payer mon loyer, j’en avais vraiment marre et je voulais me casser à Los Angeles. On a fait une fête chez moi un soir et Manu me disait « Ah j’en ai marre je vais me casser au Canada » et moi je lui ai dit « Mais non, le Canada c’est nul, viens avec moi à Hollywood, ça va être génial ! » C’est un peu ça mon motto : « T’inquiètes, ça va être super ! » (rires) (Stéphane)

    • Mais il n’y avait pas toutes ces histoires de visa à l’époque pour rentrer ?

    • Si si ! Moi j’avais récupéré un visa de journaliste avec… Je crois que je bossais encore pour Rock’N Folk à l’époque et OUI FM. J’ai emménagé en premier, Manu est arrivé quelques mois après et on repartait régulièrement pour le boulot donc on a vécu sans visa trois ans et demi. On a vécu un an et demi à Hollywood et on a habité après à Echo Park plus de deux ans et demi chez James Trussart, c’est le mec qui fabrique les guitares en métal, donc c’était une super période, et puis lui et moi on bossait l’un à côté de l’autre, on avait nos ordinateurs, guitares… et c’est un copain à moi qui faisait son premier court-métrage qui nous a demandé une musique, puis Manu m’a dit « Ah, tu veux pas qu’on le fasse ensemble ? » et puis quatre mois après on a commencé à faire des titres, on a fait notre premier mini album. Là, Manu venait de travailler avec Paul Kendall dont on est tous super fans, qu’a bossé avec RECOIL, DEPECHE MODE, un mec de chez Mute Rec,. et on a produit le premier maxi avec lui et puis hop c’est parti quoi ! LTNO faisait encore des dates, mais il avait eu un mauvais contrat, ça se passait pas hyper bien bah en fait au bout d’un moment DEAD SEXY a pris plus de place et puis voilà, on est partis, on a pas mal joué puis après pour pas mal de raisons, moi j’avais perdu un copain à L.A., on s’est dit « Putain on a jamais fait le tour des Etats-Unis ! » J’ai vendu ma mustang, on a acheté un van, on a mis tout dedans, on a laissé plein de trucs et puis on a fait un tour d’Amérique, on a fait un S dans les Etats-Unis en faisant un road movie.

    • Vous avez fait ça en combien de temps ?

    • Deux mois à peu près, 12 000 bornes. On voulait arriver pour le jour des élections en fait. Après on s’est installés à New York, on a commencé à bosser sur le premier vrai album, on avait sorti des morceaux sur des compiles, ça se passait plutôt pas mal. Après on a eu des soucis de management et puis New York ça l’a pas fait du tout moi, c’est une ville qui m’a pas fait kiffer du tout … C’était une période assez dure, parce qu’on n’avait pas les mêmes raisons qu’on avait à L.A. tu vois, puis ça va super vite New York et on était un petit groupe parmi… et pourtant on avait vraiment le feu parce qu’on était soutenu par LARRY TEE, PEACHES, FISHERSPOONER, tout ça c’était le début de l’electroclash / l’électro rock donc c’était bien ! Mais on a essayé de revenir en France, au moins pour un mois pour enregistrer Kamikaze. Et en fait à ce moment là, c’était trop galère pour revenir à New York, pourtant on avait laissé plein d’affaires dans un storage et on a mis deux ans à les récupérer (rires) Manu a bougé à Berlin, moi je suis resté à Paris pas mal pour le boulot, on a refait une date pour un festival  à New York, on a sorti les trucs de notre storage finalement, on ne pouvait pas tout ramener et en fait ma sœur qui bosse dans le tourisme nous dit « Bah moi je bosse avec un Mariott, laissez les cartons là-bas et je les prendrai dans mon prochain bus » et on s’est tout fait piquer… la première paire de space boots de Manu, toute ma correspondance pendant vingt ans, tu vois, tous les trucs auxquels on tenait …

    • Et quand vous avez fait l’espèce de tour en S vous aviez des dates au fur et à mesure ? /li>

    • Non, on enregistrait la musique dans les hôtels, le camion…On rencontrait des musiciens, des philosophes, des gens de la rue… On a eu pas mal de gens, enfin Greil Marcus, euh… comment il s’appelle… le mec de SONIC YOUTH, le mari de Kim Gordon putain…  Thurston Moore ! Voilà, les mecs de BLACK MOUSTACHE… On a eu plein de gens qu’ont parlé un peu. En fait ce qu’on voulait montrer, c’était un autre visage de l’Amérique, en France j’en avais marre qu’on dise « Ouais, Bush, c’est un pays de nazis… »

    • « Capitalistes de merde ! »

    • Ouais exactement, alors qu’on fait tout pareil mais moins bien. Je parle au niveau des médias hein, et aussi du rock d’ailleurs. Et donc on a fait ce film et après on a tourné, on a fait une première au festival IDEAL à Nantes, on a joué la musique du film en live et on le projetait derrière et ça, on l’a fait pendant presque six mois. C’est un film qui a été coproduit par Agnès B. qui nous a toujours vachement aidé et c’était marrant parce qu’on a joué dans des centres d’Art ou des fois on faisait projection du film et après on faisait un vrai concert donc c’était vraiment marrant pour les gens parce que ça passait d’un univers à un autre… C’était un voyage, bon évidemment d’aventures, on a pété les freins les premiers jours du départ dans Death Valley (rires), on s’est retrouvés de nuit, sans freins ! Mais c’était beau on a eu les images de coyote la nuit… C’était vraiment sympa. On est passés à Orlando deux semaines après que Dimebag Darrell se soit fait descendre sur scène, ça faisait vachement bizarre c’était un mec que je connaissais en plus… Et ouais, c’était une expérience assez hallucinante, on a passé pas mal de temps avec Dantec à Montréal avec qui on avait aussi enregistré un morceau qui s’appelle « Black Box Baby » sur Kamikaze et puis on a fait les cons quoi, tu vois ce que je veux dire, c’était un truc hallucinant ! Tous les jours on s’arrêtait, on rencontrait des gens… On a passé pas mal de temps à la New Orleans où on a un peu trop fait les cons, on a mis du temps à s’en remettre d’ailleurs, parce qu’on était dehors tous les soirs, c’était genre « wouuuuh » (rires) et puis on est arrivés à New York, on a recommencé à bosser sur le disque, repris les concerts, on est revenus à Paris et puis là  à partir du moment où le disque a été signé, bah là on a enquillé les concerts sur Kamikaze, on a fait… je ne sais pas, 200 – 250 dates ? Là on est vraiment partis sur la route. Et c’était marrant parce que moi j’ai arrêté le rock, j’avais des groupes avant mais j’ai arrêté de faire de la zic au début des années 90′, j’ai repris à la fin des années 90′ avec un groupe industriel mais je n’ai pas fait de scène du tout et puis là avec Manu c’était une espèce de deuxième jeunesse, on s’est retrouvés à faire les cons ! Alexis, le batteur de LYCOSIA, nous a rejoint pour la partie live puis là on a tracé la route quoi, sans arrêt, dans des petits camions… On a joué à peu près partout où on nous a demandé de jouer et ce qu’était bien, c’est qu’on a … je ne sais pas, on a fait presque quatre fois le tour du monde ! Comme on est une petite formation, on était pas spécialement gourmands, pas trop de galères de backline donc ça nous a permis d’aller jouer en Chine, au Japon, dans les pays de l’Est, aux Etats-Unis… C’est un choix je pense à un moment. Il y a beaucoup de musiciens qui ne font pas l’effort de continuer à voyager alors que la musique est le meilleur truc pour voyager, en général t’es bien accueilli…

      Pic par Marc Abe
      Pic par Marc Abe
    • Et quand vous étiez partis sur ces tournées, c’était des tour prévus à l’avance ?

    • En règle générale, on avait un tourneur en France, on a été chez deux tourneurs différents donc ils bookaient dates, festivals etc… Pour l’étranger on n’avait jamais d’exclu, à part pour l’Allemagne, mais on se débrouillait toujours pour ne jamais faire moins de deux – trois concerts sur des coins… On a trouvé des gigs des fois hyper à l’arrache, on a joué dans des bars parce qu’on avait un day-off et qu’il fallait jouer, ça nous est arrivés il y a trois ans, on a joué au bar Truc à Nantes parce qu’on jouait avec PUNISH YOURSELF au Rock School Barbey (Bordeaux) et il nous fallait une date avant. On s’est retrouvés à jouer dans un rade, au ras du sol tu vois… un concert apocalyptique mais super drôle ! (rires) On a été un peu spécialistes du genre…  A un moment on devenait gros couteau Suisse, c’est-à-dire que s’il faut jouer, faut envoyer le pâté, ben on sortait de la boîte et up ! Ce qui a du bon des fois…

    • Sûrement que tu trouves aussi plus de dates en étant prêts à jouer n’importe où…

    • Ouais ! Tu peux mais maintenant c’est beaucoup plus dur qu’il y a même ne serait-ce qu’il y a cinq ou dix ans ! Avant tu pouvais trouver des plans, tétais payé au chapeau, les mecs te lâchaient souvent un billet de 100 balles parce que tu fais le show, tu bois des bières, tu peux dormir, ça va. En ce moment, c’est galère ! Ben surtout en France tu vois, on vient d’essayer de booker des dates avec THE DISTANCE… les clubs sont gourmands, les mecs parce qu’ils ne vont pas vendre de bière ils ne sont pas sûrs, ils te demandent combien de gens tu vas faire venir, qui va faire la promo… Ce qui fait que tu te retrouves déjà avec 500 balles dehors avant d’avoir foutu les pieds dans le rade ! Il n’y a pas de sono : faut louer la sono… c’est pas facile hein, franchement, aujourd’hui on arrive dans un moment où pour un groupe, faut être prêt à payer pour jouer. C’est-à-dire que si t’as un album à défendre, bah faut envoyer le pâté quoi !

      Pic par Marilou V. Photography
      Pic par Marilou V. Photography
    • Ouais, j’ai essayé de faire du booking et c’était ça, c’est à toi de garantir tant de personnes, limite à payer… Et encore quand on daigne te répondre !

    • Non c’est super dur ! C’est pour ça que moi je dis que c’est un métier sacerdoce aujourd’hui. Avoir un groupe c’est pas compliqué, t’es avec tes potes « Ouais, walah ! », tu prends des cuites, tu fais des morceaux, et quand t’as passé trois – quatre ans avec les mêmes mecs dans un van, tu vois qu’à un moment tous les trucs tu les a déjà faits et que ça commence à être un peu plus tendu… Faut vraiment avoir la foi quoi. Et moi c’est une chance monumentale que j’ai avec Emmanuel, c’est que c’est un mec, il aime ça, il se donne à 200% et il est constamment surprenant ! Pourtant on en a fait des galères, des shows hyper durs… Il n’y a pas longtemps on s’est retrouvés à jouer en Pologne dans un club, on était hyper fatigués parce qu’on avait fait une date avant, on avait pris une douille on s’était couchés un peu comme ça tu vois. Le lendemain on arrive, super club et tout, on monte sur scène et putain, méga pression sonore, hyper chaud, c’est un club vraiment musique électro, des flash plein la gueule et au bout des quatre premiers morceaux, on était là genre pfiouuuu… Tu vois, vraiment la tête qui tourne ! On s’en est parlés après le show je lui fais « Putain moi il y a un moment je croyais que j’allais tomber dans les vapes quoi ! » et il me dit « Putain moi pareil ! »

    • (rires) Ca l’aurait foutu mal ! Le groupe qui se couche !

    • Ouais ouais bah PAPA WEMBA l’a fait pourquoi pas nous hein ! Donc oui les anecdotes, les concerts apocalyptiques on les a tous fait ! A Berlin au White Trash, on doit jouer à 1h du mat’, Manu a le bras dans le plâtre, donc on avait changé toutes les parties de guitare mais il jouait quand même… Je crois qu’on jouait avec SIGUE SIGUE SPUTNIK, ils étaient en retard, tout le monde a commencé à picoler, puis c’était 1h, 2h, 3h… On a joué à 3h30 donc pour garder les nerfs c’était pas très facile. Troisième morceau, Alexis avait posé son boîtier casque -parce qu’il jouait au clic- sur deux caisses de bière, il fait le zozo, se lève, boom ! La caisse de bière qui tombe, tout s’arrête, une partie du praticable de la batterie qui se pète la gueule (rires) tout ça, on les a fait ! Deuxième date qu’on fait avec INDOCHINE à Lyon, deuxième morceau, Manu il fait un tour, fiuuut! Le cul par terre ! Le même concert, le premier jour ils m’avaient gaffé mon câble et mon micro, on a super bien été traités sur INDO, le deuxième jour je ne vérifie pas, je fais le zozo, fais tourner mon micro et ziuuuu… Halle Tony Garnier, 200 mètres hein ! (rires) Le manager qui me regarde et qui fait (signe de désapprobation), meeeeeerde… Tombé, cassé, le tour et la guitare dans la tête : on l’a tous fait, les conneries comme ça je pense qu’on les a tous eu ! Si t’as pas de problèmes techniques c’est pas drôle, c’est-à-dire qu’à un moment tu penses que tu as tout eu : tu gaffes tes pédales, tu fais tout… Et puis bingo, il y a un truc qui ne marche pas et tu ne sais pas pourquoi ! T’as aussi les petites saloperies, les techos, d’autres musiciens… moi ça m’est arrivé, ils m’enlevaient les piles des pédales, tu vois, ce genre de trucs, t’es là tu fais « euuuuuh… »

      Pic par Elisabeth Sazerat, live au Cabaret l'Escale, 2016
      Pic par Elisabeth Sazerat, live au Cabaret l’Escale, 2016
    • Il n’y a pas d’espèce de bizutage en fin de tournée entre techniciens / musiciens ?

    • Si si, si tu t’entends bien avec une équipe il y en a, j’ai fait pas mal de dates avec NO ONE là, ils s’entendent bien, c’est une super équipe, vraiment un gros team et ils arrêtent pas de se vanner, ils ont un karaoké de chansons sur les techos qu’ils ont tous transformé c’est super drôle (rires) Nous notre ingé-son, Yohann avec qui on a plus tourné, il a les meilleures anecdotes du monde tu vois parce que c’est toujours lui qui nous ramène ! En fonction de l’état éthylique du groupe il y a des parties… délirantes ! Des fois on ne se rappelle plus mais bon c’est lui qui nous ramène à l’hôtel, au camion, « Allez faut rentrer »… ça c’est un grand classique, sans rentrer dans les détails on a quand même bien pratiqué le triptyque Sex Booze and Rock’n Roll, on n’est pas vraiment des mecs à drogue mais par contre tout le reste on l’a fait en long en large et en travers parce que c’était marrant de le faire ! Après au bout d’un moment que tu l’as fait, t’as compris que ça faisait mal à la tête le lendemain (rires) Puis il y a les groupes avec qui tu tournes, c’est marrant parce que quand tu te retrouves sur des supers grosses dates avec des gros groupes genre NEUBAUTEN, PEACHES, INDOCHINE… On a fait l’Olympia avec MIYAVI un super gros artiste japonais, là tu te retrouves dans des structures lourdes où toi t’arrives avec tes 10 min’ de line check, faut monter derrière, assurer le match…

    • Tes quelques mètres carrés sur scène parce que tout est monté derrière…

    • Exactement ! Et puis bon ça ne t’empêche pas de vouloir faire le con, puis évidemment quand il y a les autres derrière, c’est pas toujours hyper bien vu donc nous on a assez souvent eu une petite réputation de branleurs… INDOCHINE  ils n’avaient pas droit à l’alcool, nous on planquait des bières un peu partout ! (rires) C’était bon enfant ! Et le truc qu’est bien, c’est de se frotter avec des groupes étrangers, ça ça change la donne ! Ca t’évite de rester dans ton petit truc, petite scène française que tout le monde connait, ça permet de s’ouvrir un petit peu l’esprit… J’en parlais il n’y a pas longtemps avec Nico, le chanteur de TAGADA JONES, et tout les ans ils partent ! Là les les ai vus à Berlin ils jouaient dans un tout petit club, maintenant c’est un groupe qui fait des gros festivals, qui tourne vraiment à bloc, mais ils se remettent en perspective tu vois, à aller faire des dates à l’arrache comme ça, pour garder la sève. Alors sans ça, les anecdotes de groupes… qu’est-ce que je pourrai te raconter… En studio c’est toujours un petit peu les mêmes, il y a toujours un bêtisier à la fin des merdes que tu chantes, c’est un grand classique de l’ingé-son qui garde des prises hyper pourries et ça te fait des belles surprises à la fin du disque !

    • Tiens j’ai jamais vu ça !

    • Ah bah en général les groupes ne veulent pas les sortir, tu les gardes pour en rire et puis t’as pas hyper envie que les gens sachent que tu chantes comme une patate ! (rires) Après, la tournée, pour moi c’est un peu toujours le même trip… Tu répètes, c’est le backline avec qui tu tournes, alors évidemment il y a un camion, c’est qui va chercher qui, où et à quelle heure, et en général, c’est toujours trop tôt pour le camion parce que tu vas super loin… Et puis arrive le moment où le camion est bien blindé et tout le monde va s’installer ! Donc si tu veux, on a des corpulences différentes en général dans les groupes donc ça va être qui va attraper la place sur laquelle tu vas pouvoir dormir un petit peu, bon et puis ça devient vite la récré hein, malheureusement t’es pas dans le tour bus de DEPECHE MODE où les mecs peuvent être constamment sur internet dans le fond du bus ! Le neuf places si tu veux ça tourne vite aux blagues d’atelier, le sacro-saint arrêt à la station service… Moi j’adore les peluches alors je vais toujours voir s’il y en a pas deux-trois qui traînent, des trucs Hello Kitty parce que ça me fait marrer…

    • Personne d’oublié sur ces fameuses aires d’autoroutes ?

    • Si si … On a déjà oublié des gens. Je crois que c’est quand on était en tournée avec PRAVDA, je crois qu’on avait oublié Alexis… Ca n’a pas duré longtemps hein je crois qu’on s’en est rendu compte assez vite ! Par contre on est les spécialistes… C’est pas sur les aires d’autoroute mais sur les concerts, en général on est tellement bons qu’on oublie un carton de merch, de CDs … Donc moi, je suis devenu le champion du monde du check, double-check, triple-check (rires) ! Et il n’y a pas longtemps, au Bus Palladium, tout le monde s’était barré, on commençait à foutre les gens dehors et je me suis dit « Rha putain, j’y retourne ! » et là une chemise à volants, un bonnet MORRISSEY et je ne sais plus quoi, mais rien n’était au groupe, c’était des mecs qui les avaient oubliés la veille ! Et j’ai perdu mon thermos à thé quoi… J’avais super les boules. Bon les trucs qu’explosent c’est marrant aussi ! L’ampli qui fume alors ça j’en ai vu cinquante, ça nous est arrivé, on avait les boules on jouait à Austin au South by Southwest donc on louait du matos, on venait de faire 3000 bornes en bagnole, on arrive, tu joues tu sais c’est à l’américaine, t’as le mec avec la montre, tu joues trente-cinq minutes c’est trente-cinq minutes ! Troisième morceau l’ampli qui fume, on regarde le mec, le groupe d’après ne voulait pas nous prêter son ampli donc on a été obligés de faire les mecs un peu nerveux mais on a perdu dix minutes sur trente-cinq quoi ! On a eu les folles aussi, t’as toujours la meuf un peu toute seule qui est ta super copine sur facebook, que tu ne connais pas et qui arrive, qui est ivre morte, qui se désape et qui fout la honte à tout le monde ! (rires) En général c’est quand il n’y a pas grand monde dans la salle et t’es là, t’es en train de jouer, « C’est ta copine ? Ahaaaah, supeeer ! »

    • Tant que c’est pas elle qui assure l’hébergement par la suite !

    • Ouais, mais ça peut être probable des fois !

    • Ouais et doit y avoir moyen de dealer des dates en disant « Ecoute je connais quelqu’un là-bas donc t’as pas à gérer l’hébergement » pour convaincre les orgas !

      Dead Sexy Inc à la Maroquinerie
      Dead Sexy Inc à la Maroquinerie
    • Bien sûr ! Après qu’est-ce qu’on a fait en trucs un peu rigolo… Bon évidemment on a retourné des bars, des chambres d’hôtel… Ah ça c’est une bonne anecdote parce que c’était assez hallucinant ! Étonnamment on a pas mal joué en Roumanie parce qu’on avait un très bon tourneur là-bas, il s’appelle Emagic il fait genre la Beck Fest. Et donc on a fait une tournée notamment qui était sponsorisé par Mountain Dew, qui est une marque de Coca-Cola, on jouait sur des skate-parks c’était vraiment cool ! La première date on était logés une semaine à Bucarest et les mecs viennent nous chercher en camion pour aller à Timisoara. Il y avait donc notre responsable tourneuse, la nana de Mountain Dew et notre chauffeur avec nous trois. Il y avait six ou sept heures de route et là, les routes en Roumanie, c’est quand même un grand moment parce que c’est les années 30′ quoi, ça tabasse de partout, des chiens traversent la route, le mec roulait comme un démon, genre à doubler à 120 / 130 km/h sur les petites routes, à blaster de la techno hard core…

    • Eh mais c’est pas Narco Pollo ?! Un mec surnommé comme ça… Parce que les MALAKWA ils ont eu un mec comme ça, assez punk à chien sur lui mais avec un camion de ouf avec la tv qui descend…

    • Ah non c’était pas lui parce que nous on avait un petit camion ! Le mec du coup blastait à mort, les filles devant ont fait chain smoking toute la journée… Nous il n’y en a pas un qui fume dans le groupe, on était derrière comme ça, on essayait de dormir, c’était genre horrible ! On est arrivés là-bas déglingués, on a dormi une heure on a fait le concert. Le lendemain, on va jouer à Brașov, c’était un grand skate park avec un groupe de hip hop qui jouait avant nous et pendant leur balance, on traînait, on buvait un coup … Puis un mec se met derrière nous, genre un gitan, torse poil, hyper défoncé qui commence à faire « gueeeeuhikaguuueu » puis il commence à être un peu vénère tu vois et notre batteur commence à flipper genre « Non mais c’est quoi ce mec ? » – « Non mais laisse tomber… » Je me retourne je lui fait « Vas-y c’est bon mec … » puis il fait « Aah SATAN aaah… » en nous montrant du doigt ! Il avait un pot de vernis à ongles et il trace un pentagram sur le sol avec son vernis (rires) Moi je fais « OK… Non c’est moi Lucifer, on va te maudire ! » Même à un moment, Alexis jouait de la batterie et l’a vu derrière lui, il a fait au mec « Sors moi le… »

    • (rires) Ca met un peu la pression !

    • C’est clair ! On termine le concert, on va pour faire le rappel et là, il y a une tornade qui se déchaîne, mais un truc de malade ! De la pluie à donf ! On a à peine eu le temps de prendre les instruments, de se mettre sous la scène, les mecs n’avaient pas bâché, on  avait tous les fils électriques à côté de nous qui commençaient à faire « krrr krr »on a fait « Aaaah ! » on s’est barrés en courant ! (rires)

    • La magie du pentagram !

    • Hey tu sais quoi ? On s’est regardés en se disant « Putain le mec je pense qu’il avait des pouvoirs » (rires) C’était hyper impressionnant vraiment.

    • Et au niveau des hébergements, des trucs improbables ?

    • Ouais ouais… Il y a un endroit super à Lillers qui s’appelle l’Abattoir, c’est un bar où il a fait les FLESHTONES, avec une toute petite scène, il y a genre deux mètres entre le bar et la scène mais c’est l’endroit où tous les groupes alternatifs anglais se sont arrêtés depuis trente ans, le mec est super sympa ça fait deux fois qu’il nous fait jouer, et en fait, il nous héberge dans le manoir à côté ! Donc tu débloques parce que tu vois son rade c’est à Lillers et t’arrives dans un putain de manoir, les chambres c’est genre 80m² mais genre Renaissance !

    • Mais qu’est-ce qu’il en fait, c’est un truc à lui ?

    • Non c’est parce qu’il a un deal en fait, il connait le patron du manoir qui fait des chambres d’hôtes et quand il y a des groupes, ben le mec ça le fait marrer de voir des gens… Mais c’est vraiment le truc de la chambre de 80m², la salle de bain qui fait la taille de mon appart avec tu sais la baignoire en fonte t’es là « Wouuuuh ! » (rires) Dans un autre genre il y a le Sonic Ballroom à … c’est pas Leipzig…

    • C’est à Cologne.

      deadsexyinc5

    • Ouais et il y a en fait une peinture pourrie des DOORS derrière la scène, la sono est accrochée au mur donc ça sert à rien de demander s’il y a effet ou pas hein, le patron habite avec sa mère, c’est lui le barman du lieu et en fait les dortoirs sont au-dessus. En général c’est blindé de groupes de hard core donc comme les mecs aiment bien souvent rester un jour avant ou après quand ils ont un day-off, tu te retrouves toujours dans des mélanges de gens et donc évidemment c’est toujours l’after de l’after etc… ! On en a fait deux ou trois là-bas, et au moment où tu te dis qu’il faut dormir, il faut vraiment avoir checké la chambre avec les quatre lits superposés, parce que t’en as une où il y en a huit, qu’est bien dans le fond où tu sais que tu peux fermer avec le loquet parce que sans ça, c’est mort quoi ! Après en hébergement improbable… Ah oui ! La dernière fois qu’on a tourné au Japon, Alexis dormait chez un copain, Manu et moi on avait pris une chambre dans un immeuble du quartier gay à Tokyo, comme c’est le quartier le moins cher, via un pote à nous qui nous faisait jouer. On était au 17ème, il nous avait loué un espèce de deux pièces, tu vois la chambre s’arrêtait là en largeur, et on a pris un tremblement de terre ! C’était après Fukushima, et un tremblement de terre au 17ème étage, AH PUTAIN, ça met la pression quand même, parce que tout bouge !

    • La dernière interview que j’ai faite, pareil, le mec s’était mangé un tremblement de terre aux States, et du coup ça me fait marrer parce que t’as des pensées complètement improbables quand ça arrive, donc je lui avais demandé qu’est-ce qu’il s’était dit… Et toi, tu te souviens sur quoi t’étais parti ?

    • Euh je me suis demandé si ça allait s’arrêter, parce que ça dure… 10 secondes tu vois !

    • Ouais et puis apparemment on a l’impression que ça dure une éternité !

    • J’en avais déjà eu un aux Etats-Unis, donc je savais à peu près… Et un peu dur hein, en Californie, la piscine fendue et tout… Mais là, comme il y a eu quand même Fukushima avant tu vois, t’as beau te dire « allé vas-y c’est bon », c’est comme l’avion, t’as beau l’avoir pris trois cents fois, là tu fais « Oh putain meeeerde, là c’est pas la bonne ! » Bon on a pété des moteurs, ça c’est clair. La dernière fois que ça nous est arrivé, c’était vraiment horrible, on tournait avec des jap’ en Suisse à Lausanne, on avait un camion et la caisse, j’avais un voyager où tu mettais sept personnes, avec un lecteur K7 et tout, c’était génial ! Il fallait qu’on prenne de l’avance parce que tous les autres partaient en camion. On part de Lausanne, tempête de neige, j’te raconte pas ! Pas de pneus neige, les japonais c’était leur première tournée en Europe, on s’est retrouvés dans des cols pour passer de la Suisse à la France… On est arrivés, on est sortis de tout ce merdier à 5h du mat’. On aurait pu continuer mais moi j’avais tellement la pression que je leur ai dit « Bon écoutez, on fait Formule  1, on s’arrête au moins 1h dormir parce que là c’est juste pas possible ». On s’est arrêtés, on reprend la route : une volante ! Wouuuh ! (rires) Je tombe sur une connasse, la meuf nous a fait vider la caisse, il faisait super froid dehors, à un moment je lui dis « Je peux aller chercher mon bonnet ? » – « NON ce sera quand je vous dirai ! ». Et les japonais avec leurs médocs marqués en japonais dans des petits sachets en plastiques « Et qu’est-ce que c’est ça ?! », Elle prend des photos pour envoyer au Central voir si c’était pas de la came. Dix jours après on devait faire trois dates en Italie, toujours avec mon Ford, on rentre d’un festival, on s’était vraiment mis la dose, on était crevés et tout, « Allé on essaie de  passer le tunnel du Mont Blanc comme ça on est tranquilles et on s’arrête après ! » On va pour passer le tunnel, on s’arrête à une station service, je vais pour faire demi-tour, la marche arrière qui ne marchait plus ! Bon, qu’est-ce qu’on fait ? On pousse la caisse et là je fais « Les gars, je ne sais pas comment elle réagit la bagnole là mais les 30 km du tunnel là je ne les sens pas du tout, arrêtons nous à l’hôtel. » Evidemment il était minuit, plus rien sur la route. On s’est arrêtés dans un espèce d’hôtel de luxe : c’était Shining ! On est rentrés, le mec sortait de la famille Adams genre « beuuarrgh » (rires), je lui dis « Allé pour les chambres et tout… Vous pourriez faire un effort ? » Il n’y avait personne, le mec a été super cool, il nous a fait « Allé ok je vous compte qu’une chambre ». On s’est retrouvés dans un espèce de truc hyper grand, seventies, architecture hyper bizarre c’était vraiment Shining quoi, pas un bruit ni rien ! La bagnole a réussi à nous ramener jusque Paris, quand même.

      Pic par George Fabrice, live à l'Escale, 2016
      Pic par George Fabrice, live à l’Escale, 2016
    • Et le Japon comment ça c’était dealé ?

    • Moi je suis un super fan du Japon donc j’étais déjà allé avec ma copine à l’époque et puis deux fois pour mon boulot quand j’étais journaliste. J’ai rencontré un mec qui s’appelle Adrien Derien qui fait la Tokyo Decadence, je ne sais pas si tu connais, c’est une grosse soirée japonaise / anim manga hyper barrée…

    • Ils la font à Paris non ? Je crois que j’ai déjà vu les affiches…

    • Ouais. Moi je l’ai produit après, j’en ai fait cinq avec lui. Et en fait j’avais dit à Adrien ben je te file un coup de main en France et tu viens tu nous fait jouer. Donc on a joué une première année à Tokyo Decadence, on y a fait deux autres dates et ça a super bien marché ! Là-dessus on a rencontré un groupe qui s’appelait GADGET, et moi et Kenzo – le chanteur du groupe -, on est devenus brother band tu vois, c’est un mec qu’est vraiment devenu mon frère de rock’n roll, je les ai fait venir deux fois en Europe, il est aussi designer de fringues, je lui ai fait faire un truc à Pompidou. Il nous trouvait des dates là-bas, nous ici. Au bout d’un moment on a appelé le bureau export et on s’est fait aider donc on arrivait toujours à partir et faire 4, 5, 6 dates ! Donc là ça devient rentable, on faisait deux dates à Tokyo, Yokohama, Kyoto on a jamais joué mais on a fait Osaka, Nara… Et puis c’est génial c’est hyper dépaysant tu joues devant un public complètement frappadingue, c’est des super fêtards quoi !

    • Ouais ça a l’air assez fou fou là-bas !

    • C’est super bien dans le genre ! On a joué en Chine aussi ça c’était hallucinant ! On a fait une BD avec le groupe en fait, que j’ai écris avec un dessinateur chinois et qu’est sortie chez Delcourt, c’est un peu notre histoire romancée, déglinguée… Et donc pour faire la promo de la BD, l’éditeur avait envoyé des journalistes en Chine et nous avait dit « Putain, pourquoi vous ne venez pas faire des dates ? » donc on s’est retrouvés à faire trois dates en Chine, on a joué au Mao Club, qu’est un truc mythique ! Ce qui était super, on est arrivés le premier jour genre « Tiens on va aller voir le club où on va jouer » et on arrive, on est tombés des nues, à voir un groupe dont je suis devenu hyper fan qui s’appelle PK14, un espèce de mélange de rock indé, de JOY DIVISION version vraiment punk rock avec un chanteur à lunettes assez maigre… On a pris une claque ! Après le lendemain , j’ai terminé en robe vinyle, à montrer mon cul en Chine, les mecs m’ont dit « Euh, doucement quand même ! » (rires) donc j’ai compris la leçon, me suis dit qu’on allait éviter de prendre trop de risques ! Le troisième concert, on avait un très bon pote là-bas, Benjamin, un peintre chinois très connu il a fait des clips en France, et un autre pote qui s’appelle Lu Ming, qui est peintre / graphiste, qui est mongole… Et c’est des potes de très longtemps, ils se mettent souvent sur la gueule et là on s’est retrouvés, fin du concert, ils ont eu une embrouille et on était dans un espèce de club, tu sais, Scarface, le club où t’as l’impression qu’il y a la traite de femmes à l’arrière, où tout les mecs traînent de la poudre, hallucinant, avec un public un peu poche, quand même… Fin du concert, on remonte vers les backstages et j’entends BING ! BANG ! CLANG ! Je passe la tête et les deux autres étaient en train de se foutre sur la gueule mais c’était … Vraiment, avec les trucs qui volaient et tout ! (rires) « Bon bah, ça c’est fait… » On avait bien rigolé. On avait été sur la Muraille de Chine et tout…

      Tournage clip "Lonesome Poupée"
      Tournage clip « Lonesome Poupée »
    • Et cette BD on peut la trouver où ? (ndlr: « Sekushi Memory » est encore trouvable via Amazon !)

    • Je crois qu’elle est très dure à trouver maintenant, on en n’a pas vendu tant que ça, genre 1000 et des brouettes… Faudrait que je demande à l’éditeur parce qu’elle a failli partir au pilon. Tu sais dans le monde la BD, ils ne peuvent pas garder les stocks donc quand il y en a trop ils mettent au pilon !

    • Merde je ne savais pas …

    • J’ai voulu en racheter, d’ailleurs tu me fais bien d’y faire penser…

    • Ouais, faire de la distro toi-même ! Enfin après j’imagine qu’avoir un stock chez toi… (rires)

    • On en a eu en promo qu’on a vachement vendu sur les concerts, après tu vois je ne peux pas entasser chez moi, t’as vu la taille que ça fait, les cartons de merch j’arrive à un moment où je ne peux plus quoi ! (rires) Donc on en met un peu là, un peu là…

    • Mais pour le coup, en terme de merch, comme maintenant tu es obligé d’innover sur des trucs que tu ne vois pas forcément chez les autres groupes, c’est vrai que la BD ça…

    • Ouais c’est vrai que c’est cool ! Mais c’est dommage ça coûte cher, le dessinateur avec qui on a bossé il est passé chez Marvel donc si tu veux, euh, il est beaucoup trop cher (rires) ! Donc si on voulait le faire il aurait fallu le faire autrement, l’éditeur n’a pas voulu suivre, bon, dommage quoi … J’ai écrit la suite tu vois, peut-être que je la sortirai sous forme d’un blog, la ferai illustrer mais je n’y ai pas pensé plus que ça, d’autres chiens et chats à fouetter même si je n’aime pas l’expression. Qu’est-ce qu’on a joué comme autre pays improbable encore… On a joué pas mal en Angleterre avec NOBLESSE OBLIGE… AH SI j’en ai une bien ! On tournait en Angleterre avec un autre groupe c’était les TOXIC SONIC -les anciens PRAVDA-, on fait une date à Londres avec Tokyo Decadence et on devait partir le soir pour une date à 50 bornes de Glasgow et après une à Glasgow. On part, on met un heure pour sortir de Londres, et là Alexis « Euh j’ai oublié mes cymbales » alors moi qui conduit, qu’est le seul à ne pas avoir picolé, j’étais vert. Non mais sans déconner quoi… on y retourne parce que les cymbales, bon… On les récupère, on reprend le camion, c’est long, des routes pas possibles. Avant de prendre le ferry, je leur ai dit « Bon les gars moi il faut que je dorme » donc on dort genre deux heures et on arrive vers 16h pour la balance dans ce bled à côté de Glasgow. Et toute la journée on avait essayé d’appeler l’organisateur, le mec ne répondait pas et on s’était dit « Bon, bizarre ». On descend, c’était un espèce de … On est pas mal Shining nous en terme de bars, hôtels (rires). Un lieu hyper étrange tu vois, et je vois une nana à l’entrée qui nous voit arriver, je fais « Salut, on est les groupes ! » et là elle fait « Aaah… Ah machin ne vous a pas appelé ? » – « Bah non » -« Bah on a un problème, on a eu l’inspection de l’hygiène et de la sécurité, on n’est pas aux normes on ne peut pas faire jouer » – « Sans déconner ?! » ma tête qui change… La nana qui fait « Non mais ne vous inquiétez pas, on vous paie le cachet, vous pouvez dormir là, on est désolés… » Bon un peu les boules mais bon. Donc on se pose, elle nous envoie dans les chambres, mais un bled ! Bon c’est un peu dur, mais vraiment consanguin, le bled écossais hyper chelou ! Pas une seule chambre d’ouverte ! La nana ouvre les piaules : il faisait 3° dedans ! (rires) « Heu… the heater ? »elle me fait « Ben je peux le mettre en marche mais ça ne marchera que demain matin, il est trop grand ». Bon, on sort manger, c’était dans le bar, il y avait cinq, six personnes qu’étaient là pour le concert « Ah on n’a pas vu d’affiches, vous ne jouez pas ? » – « Ben non… » – « Ah putain c’est nul… » Ils nous ramènent à manger des cheese-macaronis en boite, réchauffés au micro-onde, tout le monde avec sa fourchette en plastique en train d’essayer de décoller le truc, c’était juste pas possible ! (rires) Donc là tout le monde déclare forfait « Bon allé on va se coucher… », je monte, mais les boules quoi, « Allé les mecs, on va au moins boire un coup au bar » je ne pouvais pas tu vois, et les autres « Rho non… ». Je descends au bar, je dis à la nana « Ben fais moi un shot de je ne sais pas quoi… » elle me dit « Ah mais tu payes hein ? Parce que là on ne paie plus… » – « Ouais pas de problèmes. » Donc je m’installe au bar et c’était karaoké ! Et là, quand je te parle de consanguinité, il y avait un groupe de trisomiques qu’était là, ils étaient cinq ou six, il y en avait un qu’on avait vu l’après-midi qu’était super gentil qui nous avait dit « Ah le concert…! » et tout… Et donc ils passent … je ne sais plus, Robbie Williams, et à un moment « We are the Champions » ! Et donc le trisomique monte sur scène, il fait « We aaaare the Chaaampiooons » et là il me spotte au bar et moi j’étais là avec mon shot (rires) je fais « Ah non non non ça ne va pas être possible ! » Putain il descend, il se met à côté de moi, bras dessus bras dessous « We aaaare the Chaaampiooons » et moi pareil, c’était fantastique ! (rires) Du coup la meuf au bar ça l’a fait marrer, elle m’a repayé un coup et le mec revient me voir avec la liste « Oh on refait un autre morceau ! » Je n’ai pas pu, je ne voulais pas être méprisant ou quoi que ce soit tu vois, mais j’ai fait « Non non c’est bon je vais rentrer ». Et heureusement le lendemain on a joué dans un club à Glasgow, blindé, et c’était cool ! C’était un mec qui s’appelle Gamma Ray qui fait une soirée là-bas… Mais c’est sauvage l’Ecosse putain ! Woaw les mecs ils se mettent des cartouches, tous les gens étaient ivres morts, mais quand j’te dis iiivres morts… On a commencé le concert, il y avait un mec devant, un skin local. Premier morceau, on arrête de jouer, il est là « FUCK OFF Fuckin’gays, Fuckin Bullshit, Fuck Off ! » OK. Deuxième morceau « Fuckin’ fuck off ! » (rires) Ouaaais okaaay et puis au bout d’un moment on commence à jouer un des morceaux un peu plus énervés, il y a une meuf devant qui était en train de danser et le mec commence un peu à la chahuter et là il claque la meuf devant la scène ! Ah moi j’ai vu l’occasion direct ! Je me suis rapproché de lui, j’ai commencé à chanter, le mec commence à faire « woaaah… » je l’ai attrapé, je l’ai tenu par le colbac et plaaah! Je lui ai plaqué la tête contre le retour donc il a fait beouwm! et après il s’est reculé et s’est tenu tranquille, il est allé boire une bière et c’était réglé ! (rires) Voilà pour mes anecdotes graveleuses. On a fait Spinal Tap aussi, on s’est perdus cinquante fois… Ah si aussi on est allés dans un festival dans le sud, il faisait beau, c’était super, plein le cul de l’autoroute, on s’est dit « Tiens on va prendre la montagne, c’est facile on passe au-dessus et on redescend ! » Vas-y qu’on se perd… et là on commence à être crevés, on se dit « Putain, on ne va pas y arriver ». On arrive dans un bled, pas loin des Pyrénées, un peu énervés tu vois genre « Vas-y c’est où ?! » Et là, on se fait arrêter, on voit trois mecs qui sortent de l’église et c’était une procession funéraire …

    • Oops ! (rires)

    • Et genre on est arrêtés au milieu, on n’y croit pas quoi ! Donc un qui passe devant, un qui passe derrière et la bagnole se retrouve au milieu, avec les mecs qu’arrivent avec le cercueil (rires) et là tu sais quoi ? Le fou rire ! Le truc mais Impossible de s’arrêter ! On était tous les trois cachés derrière la carte routière, morts de rire, mais nerveux quoi ! Avec les gens qui passaient et nous regardaient par la fenêtre genre « Bande de bâtards ! » (rires) C’était la honte totale mais qu’est-ce qu’on a rigolé ! Ah c’est triste c’était le dernier concert qu’on a fait avec PARABELLUM… Je crois qu’on rejoue dans ce festival cette année, ils nous ont ré-invités, c’est bien, ils ont une jolie maison avec une piscine… Bon après les avions ratés on l’a fait, les trains ratés aussi !

      Pic par Mat Ninat Studio
      Pic par Mat Ninat Studio
    • Et quand ça arrive comment tu te démerdes, tu book le prochain tout de suite ?

    • Tu peux en général si t’as des bonnes excuses ils ne te font pas trop repayer … C’est de la négociation ! Moi je vole toujours quasiment avec Air France donc je peux me démerder et ainsi de suite mais bon ! Ca reste la merde, t’as pas l’avion, t’as pas l’avion quoi ! Ca m’est arrivé pour aller à Austin, la troisième fois mon passeport n’était plus valable, c’était juste quand ils avaient sorti les biométriques ! On devait faire le Canadian Music Week à Toronto, Austin, New-York et on repartait en France. Donc les deux gars sont partis avec notre ingé-son et moi je suis resté à la préfecture pour me faire faire un passeport d’urgence. Je le récupère et repars à l’aéroport le soir même « Qu’est-ce qu’il y a comme vols ? » – « Ah mais il est mort votre billet je ne peux pas vous en donner un autre pour repartir…. » Whoaaaah ! J’appelle Air France mais le problème c’est qu’il n’y a plus rien sur Toronto… Ok ! Non non attends l’histoire c’est pas ça ! Je prends avec Air France un vol pour Toronto avec mes miles. Donc on fait le concert là-bas, on va pour prendre l’avion tous ensemble, moi j’arrive au checking et la nana me dit « Ah mais vous n’êtes pas sur le vol. Vous avez un billet multi-destination, si vous n’avez pas fait la première, toutes les autres ont sauté ! » Donc là t’imagines, il y avait aussi mon retour… En tout ça m’a coûté 3000 balles.

    • … Ah ouais quand même !

    • C’est là où je n’ai pas pu avoir de vol Toronto – Austin, donc j’ai fait un Toronto – Houston, en moins cher que j’ai pu trouver, de Houston j’ai pris un Greyhound, les bus à l’ancienne avec les mexicains bourrés, suis arrivé à 8h du mat’ je crois, on devait jouer le soir… Ca a été l’enfer ! Derrière j’ai repris les petits vols intérieurs comme ça. Ouais, ça fait un peu mal quand même dans le genre. Bon je ne sais pas, dis-moi, c’est quoi ton histoire des trois ?

    • Alors c’est des questions « spécifiques »… Je ne sais plus lesquelles j’avais gardé du coup… Il y en avait une par rapport aux trois premiers posters que t’as accroché ? Après comme t’en n’as pas des masses, c’est peut-être pas ton truc…

    • Ah si mais pas ici. Les trois premiers posters que j’ai accroché ? Je pense que je les ai encore. Chez moi, j’avais un poster d’ETIENNE DAHO, un poster de THIN LIZZY parce que j’étais un grand fan de Phil Lynott. J’ai jamais vu THIN LIZZY en concert, je l’ai vu lui en solo. La première fois que je suis allé à Londres voir THIN LIZZY ils ont annulé parce qu’il était malade, à la place j’ai vu VISAGE (rires).

    • Ah merde !

    • Boh c’était bien ! Mais bon ça faisait un peu bizarre… Et je l’ai vu en solo et après il est mort. Après j’avais une affiche de cinéma d’un vieux film qui s’appelle Wolfen. Voilà c’est les trois premiers que j’ai eu. ETIENNE DAHO parce que j’ai toujours été un fan, j’écoutais beaucoup de hard rock et de metal, après je suis passé au punk rock mais à côté de ça, j’ai toujours écouté beaucoup de new wave et de pop, mais comme je jouais dans un groupe de metal et que c’était mal, j’ai dit que c’était celui de ma soeur (rires). Et en cachette j’écoutais les CURE, ETIENNE DAHO, TEAR FOR FEARS, JOY DIVISION…

    • Faudrait que je fasse une question comme ça : « les trois groupes inavouables… » (rires)

    • Ah j’en ai plein moi ! Mais je les assume tous ! Il n’y a pas longtemps j’ai écouté le best-of de DEF LEPPARD, j’adore ! J’en ai marre des groupes qui… tu vois nous on est electro-punk, electro-glam, truc un peu actuel, mais je déteste tous ces mecs qu’ont que des super bons goûts tu vois ce que je veux dire ? Les mecs qu’ont pas l’âge mais qui tout de suite te parlent des PIXIES, de tous les groupes de chez matador t’es là « Mais vas-y arrête je t’ai vu ! »

      Pic par Marilou V. Photography
      Pic par Marilou V. Photography
    • Ouais moi je trouve ça bien au contraire que tu puisses retrouver des influences multiples ! C’est vrai que moi j’ai du voir DEAD SEXY, ça devait être sur une tournée avec PUNISH au Bikini, et ouais t’as tout le côté électro mais dans les guitares t’entends vraiment tout ce qui est punk rock 70′ à la STOOGES…

    • Ah ouais ouais, complètement ! C’est notre idée !

    • En même temps il y a une attitude et imagerie très glam qui ressort, et moi, étant fan des trois, ça me va ! (rires)

    • Mais c’est là où on se retrouve bien avec Emmanuel, des fois c’est de la lutte mais on arrive bien à placer les trucs qu’on aime. Manu il est beaucoup plus rock … C’est marrant parce que moi je viens des musiques les plus dures, lui il est vachement plus à l’arrache et tout tu vois, plus rock’n roll, moi je suis plus new wave quelque part !  Après on contre-balance par certaines parties : mes guitares sont plus rock mais j’aime la mélodie et ce genre de trucs. Nous ça nous va quoi ! Après malheureusement en France, c’est un peu la vache qui rit quoi : « trop gros, trop petit, trop fort, trop machin… », tu ne rentres pas dans un cadre ! Tu vois sur le dernier album, quand on a rencontré des mecs des maisons de disque, c’était « Ah oui c’est bien mais… » ou « Il faudrait sonner plus français, plus ceci, plus cela… » T’as envie de leur dire « Ben écoutez, allez fabriquer votre groupe là ! »

    • De toute façon ce sera toujours selon certaines époques, on attend un type de son pré conçu, une image particulière…

    • Ouais ouais et puis là aujourd’hui j’ai l’impression qu’il y a LAST TRAIN et… LAST TRAIN. C’est-à-dire qu’ils sont partout … En plus les mecs, on a joué avec eux, ils sont bons c’est pas le problème, mais à un moment, il y a dix ans il y avait BLACK REBEL MOTORCYCLE CLUB tu vois ? C’est un truc qu’a déjà été vu et revu et là tout le monde fait « Ah putain c’est trop génial ! » Génial … Oui bon je trouve ça bien mais…

    • Puis pour ceux qui finiront par marcher … Pour ceux qui ont marché à l’époque en tout cas, ils étaient quand même considérés comme des espèces d’outsiders, se sont fait cracher à la gueule à leur début avant d’avoir une reconnaissance.

    • … Ou pas. Parce qu’il y a des groupes mythiques qu’ont jamais marché, mais on s’en fout ! Moi ça me fait marrer de voir au festival de mon pote l’année dernière les SONICS qui font une date, c’est blindé ! Les SONICS c’est vraiment le groupe proto-punk / garage dont tout le monde s’en fout, et puis là t’as les djeun’s qui sont là « Woaaaah putain les SONICS quoi ! » (rires) comme quoi… Puis des fois tu rates des coches. Il y a un moment, la bonne personne qui n’est pas là, le mauvais manager, le mauvais truc… Nous sur le dernier album on a fait vraiment trois ans de galère ! Deux ans de prise de tête avec le label, procès pour récupérer nos disques, pas de disque en bacs, on s’était séparés de notre tourneur donc pas de concerts… c’est des gros GROS coups de poings dans la tête hein …

    • Ca te bouffe pas mal de timing pour récupérer tout ça…

    • Et puis de l’énergie ! Nous on avait un nouveau batteur qu’est génial, c’est notre meilleure rencontre depuis super longtemps, notre ancien batteur Bob Jean-Philippe était dans un groupe de metal qui s’appelait SORTILEGE … Et nous on était partis pour une tournée ! Quand Manu l’a rencontré c’était pour le clip de « Lonesome Poupée », on allait enchaîner les dates sauf qu’au bout d’un moment : label véreux, pas de disque en France, les mecs ne font pas le job donc pas de concerts… et puis là quand t’as mis six mois à faire un disque, t’es déjà crevé, on a fait « Oh putain, fuck quoi… » Et ça met du temps à retrouver le drive ! Parce qu’un groupe c’est un investissement financier aussi, tu perds de l’argent … Quand tu fais un disque à 20 000 balles faut les retrouver ! Aujourd’hui c’est pas en vendant des CDs que tu vas le faire (rires) Mais ça fait parti du jeu.

      Pic par George Fabrice, live à l'Escale, 2016
      Pic par George Fabrice, live à l’Escale, 2016
    • Du coup sur tout ce qui est actualité ?

    • On va se remettre sur un nouvel EP, on ne peut pas se remettre sur un nouvel album, on a besoin de savoir où est-ce qu’on est musicalement parlant, donc je pense que déjà se mettre sur un quatre titres. On va partir faire des pré-prod, j’ai un copain à moi qu’a un groupe qui s’appelle ULTRA BULLITT qu’a un studio en Bretagne, je pense qu’on va se faire quatre titres vraiment à l’ancienne : trouver les morceaux, les produire en live et voir avec qui on pourrait travailler comme arrangeur ou producteur. Parce que Manu et moi on fait tout pareil. Moi je fais plus les basses, on fait les guitares – claviers et voix ensemble et on a souvent besoin d’un mec qu’a un regard extérieur. On l’avait eu sur Kamikaze avec Christophe, le mec de Y-FRONT, ça a été plus compliqué sur Rodeo Boys parce que le mec avec qui on devait bosser ne l’a pas vraiment fait en fait (rires) Là j’aimerai bien trouver quelqu’un qui change un peu notre façon de voir les arrangements, parce qu’autant Emmanuel que moi on n’est pas des claviéristes live, on fait une bass line avec les doigts, on est de bons producteurs mais c’est toujours bien d’avoir quelqu’un qu’aurait un regard de directeur artistique sur le truc. Puis comme en plus on a envie de se faire plaisir, on fait les trucs comme on a envie de les faire mais derrière on se « paie » quelqu’un pour complimenter ce qu’on fait. Je suis un grand fan des vrais producteurs, tu vois ce que je veux dire, de Tony Visconti pour BOWIE à Rick Rubin. Je peux me mettre à genoux devant Rick Rubin, j’ai presque tous les disques d’American Recordings, le mec il passe de BEASTIE BOYS, AC/DC, THE CULT, aux BLACK CROWES, RED HOT CHILI PEPPERS, SLAYER… Tu vois le mec il a tout fait ! Il n’y a pas un groupe qui a marqué son époque qu’il n’a pas fait ! … C’est peut-être lui qu’on devrait appeler ! (rires)

    • « Dites, maintenant que j’y pense… »

    • « On est un petit groupe de frenchies mais on n’est pas DAFT PUNK ! » (rires) Bah il y a ça et on va faire quelques dates encore, j’aimerai bien qu’avant l’été on puisse s’arrêter pour faire les pré-prod et se mettre en studio. On a rien pris en festival puis on ne nous a pas forcément proposer … Parce que tu sais maintenant, quand tu veux rentrer dans le circuit, faut avoir un entourage, une sortie d’album, un clip et faut payer quoi. Et nous en ce moment on n’a plus envie de payer, alors des fois on a des gens qui nous appellent, on est un groupe qui coûte quand même un petit peu d’argent, ou on peut y aller puis ça nous fait plaisir et on joue, ou on met le tempo et on dit qu’on va revenir avec un truc un peu plus coup de poing. Parce qu’à un moment, c’était dur de retrouver le drive, tu sais quand à un moment tu perds du temps, de l’argent, se dire « Ouais ! Allé les gars on y retourne ! » (rires)

    • Ouais t’es plus à te dire « On fait une pause, on en reparle… »

    • Ouais ouais et là je pense qu’on a fait la pause, les derniers concerts étaient vraiment biens ! Moi j’ai un projet aussi de festival dans lequel il y aura DEAD SEXY bien sûr, mais aussi des groupes indé français. Quand je dis indé, c’est même s’ils sont chez des tourneurs, ils viendront jouer aux conditions, parce que… Moi je m’entends très bien avec Suzanne qui était l’ancienne chanteur de PRAVDA et elle a monté un truc avec pas mal de musiciens français qui s’appelle la GAM, la Guilde des Artistes Musiciens, et qu’est donc une association d’artistes qui aident pour tout ce qui est contrat, édition etc… Ils ont notamment aidé à faire les accords Schwartz, qui permettent que les majors, le Ministère de la Culture, des Finances se consultent et disent aux artistes ce qu’il se passe au niveau des droits, sur le numérique et tout. Donc c’est vraiment hyper intéressant, je t’enverrai un lien ! Et donc moi j’ai travaillé avec pas mal d’artistes français depuis que je suis rentré en photo notamment, j’ai fait la pochette de NO ONE, j’ai travaillé avec KENT et croise des gens en concerts et je me rends compte qu’il y a un vrai manque de la part d’artistes français qui ne sont pas assez entourés ou qui ne rentrent pas dans un cadre. C’est-à-dire que maintenant, pour les festivals, on ne va pas m’aimer pour ce que je dis, mais c’est bobo land ! Il y a les groupes à la mode. En France on nous explique que les groupes à guitares ça ne marche pas, moi je suis désolé mais je les encule, c’est-à-dire qu’à un moment c’est eux qui ne veulent pas aller chercher ces groupes et je pense qu’il y a la place pour une vraie indépendance, donc on est en train de travailler sur un concept de festival. Ce sera peut-être sur trois endroits, avec performances, concerts, peut-être de l’instrumentale, de l’improvisation et qu’on mélange un peu toutes les musiques alternatives qui tapent !

    • Tu ferais ça sur Paris ?

    • Non je vais faire une date dans l’ouest , à définir où … Une date à côté de Paris, et une date à côté de la Belgique, plus dans le Nord.

    • Ce serait pour quand à peu près ?

    • 2017. Je pense qu’on va taper mars – avril 2017 si ça se fait, c’est en train de se dealer. En ce moment pour les musiciens c’est une période importante de révolte. Il ne faut pas lâcher le morceau et faut surtout arrêter de se faire niquer par un système qui nous dit « Aaah mais ceci celà… » tu vois, le miroir aux alouettes et tout… Sauf que c’est dur, et c’est pas les gens qui ont de l’argent qui vont t’en donner. Faut se regrouper, faut être tight… Ouais c’est un sacerdoce, moi j’en parle avec KENT, tu vois c’est un mec qu’a quand même beaucoup de bouteille, qu’a 23 – 24 disques, il est reparti en indépendant, il produit son disque tout seul… Beaucoup de gens à la GAM sont comme ça, AXEL BAUER, TOM NOVEMBRE, MADEMOISELLE K… C’est pas simple, si tu veux garder ton intégrité, ta vision musicale.

    • On le voit aussi avec le développement des plateformes musicales type Pledge pour avoir des financements directement par les fans parce que le label te demande limite d’arriver avec ton album produit, ta pochette, ton réseau de distrib… Et, peut-être, qu’ils mettront leur nom dessus pour la marque !

    • Bien-sûr ! Moi je ne citerai pas de noms mais je vois certains labels avec qui je bosse, quand je vois le prix auquel ils me paient et que je vois les contrats qu’ils font à leurs groupes, putain mais sans déc ? Non il faut produire et puis aller à un moment chercher des licences. « Moi j’ai ça, qu’est-ce que tu mets sur la table ? Combien tu mets en marketing ? Qu’est-ce que tu fais en promo ? »

    • Puis il y en a qui sont tellement contents d’être pris sur un label qu’ils revoient leurs conditions à la baisse …

    • Et c’est aussi parce que c’est un… je suis très Jean-Claude Van Damme hein des fois, relief… c’est un soulagement, d’un coup tu as quelqu’un qui s’occupe de toi, le marketing… C’est bien ! Mais après quand ça te coûte la moitié des thunes c’est pas forcément la même donne tu vois ! Parce que t’inquiètes ils te refacturent, les mecs c’est des vendeurs de tapis…

    • C’est un peu comme les impôts, le peu que tu gagnes c’est re ponctionné ! (rires)

    • M’en parle pas là faut que je fasse ma déclaration… Voilà ! Bon je ne vais pas pouvoir te garder plus longtemps …

      https://www.facebook.com/deadsexyinc/

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