Lux & Mat (MALAKWA)

Un garage obscur… les trois mecs de TAMTRUM sont alignés, lumière rougeâtre et « Milky Boy » en fond sonore.
Une autre pièce : la blonde des Garage Babes se pointe un sèche-cheveux sur le crâne, un type bâillonné à ses pieds. Devant le garage, une autre blonde fait sauter le caisson d’un garde pendant qu’une brune se déhanche à l’intérieur… Pôle dance et gros beat électro.
Face à face entre les deux blondes, suspense et cadavres… Le bâillonné est libéré ! Fuite et course poursuite !
Il me semble avoir découvert MALAKWA avec le clip « Make up your rules » sorti en 2011, après avoir repéré leur nom sur plusieurs flyers de concerts indus et électro aux côtés de groupes comme ALEC EMPIRE, AMBASSADOR 21, TAMTRUM etc… Dans une lignée proche d’ATARI TEENAGE RIOT, MINISTRY, PRODIGY… ou encore des plus « punkifiés » PUNISH YOURSELF ou MINDLESS SELF INDULGENCE, ce groupe propose un électro-punk complètement barré depuis 2008. Ce duo compte plus de 200 lives survoltés en Europe à leur actif, ainsi que deux albums et plusieurs apparitions sur diverses compiles et remix ! Profitant d’un week-end à Marseille en février, je suis allée les rencontrer dans un bar.

Sitop Photographie (Romain Giusiano)
Sitop Photographie (Romain Giusiano)

[…] Au tout début vous aviez commencé que tous les deux c’est ça ? (Alicia)

• Ouais ! (Lux)

• Et il y a des grosses périodes où on est que tous les deux aussi. Toute façon la compo ça a toujours été que tous les deux. Après pour le live, on choisit de travailler avec telle ou telle personne… On a eu Mario en synthé, Pierrot qu’était bassiste et maintenant est batteur… Et à chaque fois ça amène un univers différent, on compose à deux et pour le live ça rajoute un truc tu vois. (Mat)

• Et du coup à propos des live… Ca ne devient pas difficile en France de trouver des dates ? Parce qu’avec TAMTRUM qui s’est fini… Bon il reste PUNISH mais c’est surtout des grosses salles ! Pour trouver des plateaux à monter, des groupes avec qui jouer …

[…] Alfa Matrix est venu vers nous aussi par rapport à TAMTRUM parce que voilà … On était avec TAMTRUM, PUNISH… C’était des potes, on tournait avec eux, tout ça… Du coup on s’est retrouvés dans ce milieu mais on était quand même les plus punks et électro. Après je trouve que ce milieu s’est vachement essoufflé… Bon ça n’a jamais été non plus l’éclate en France, par rapport à des lieux comme l’Allemagne ou les pays de l’est… Mais nous le truc, c’est que vu qu’on a un côté électro, on fait aussi des live où il n’y a que le côté électro ! Il n’y a pas de chant, pas de guitare, c’est des sets électro ! Du coup on se trouve toujours des concerts et des soirées qui ne sont pas forcément dans le milieu goth ou le milieu metal, on trouve aussi des soirées où c’est carrément que de l’électro pur !

• Et vous gardez le nom MALAKWA pour ces soirées ?

• Ouais ! Même là tu vois, si on a des dates qui nous sont proposées avec nos deux nouveaux musiciens et qu’ils ne peuvent pas venir, ben c’est pas grave, on fait quand même la date !

• Là on a des projets pour jouer à Bali par exemple, on pense que si eux ne peuvent pas venir, on part sans eux ! Et on a commencé par faire ça en Chine pendant un mois.

• Ouais alors tu m’avais dit qu’il y avait pas mal d’histoires là-dessus, en fait vous êtes partis en Chine avec aucune date planifiée en avance ?

• Alors en fait il y avait deux dates de planifiées à la base, dont une qui était le festival de la bière, organisé par le gouvernement. Le truc c’est qu’en Chine, ils sont vachement… ils sont sur-à fond et tout ! Et nous quand on est arrivés en Chine, on a capté qu’ils étaient allés sur notre myspace, ils avaient changé des photos, la biographie et tout ça… parce qu’ils n’aimaient pas le côté chamanique qu’on mettait en avant, ça ne leur a pas plu du tout et du coup ils nous ont déprogrammé au festival de la bière. Et en nous déprogrammant, ça nous a fait connaître par d’autres salles qui étaient plus punks, parce que des salles punks en Chine il y en avait quelques-unes quand même… Par contre ils étaient vraiment punks quoi, pas habillés du tout mais voilà, ils prenaient des risques en faisant des concerts comme ça ! Nous on a joué en première partie d’un groupe de moines tibétains, alors c’était pendant les émeutes, tu sais avec les problèmes entre la France et le Tibet en Chine…

• Pour montrer qu’ils soutenaient, ils ont fait venir des tibétains ! Et ça c’était le truc le plus punk qu’ils n’aient jamais fait en fait ! Faire jouer des français avec des tibétains en première partie, c’était juste… (rires) On était là « Oh mon dieu… les flics chinois ils vont débouler, ils vont nous couper les doigts ! » (rires)

• Et donc après en Chine, nous on avait un mois donc a décidé de rester là et ce qui est super, c’est que ce n’est pas comme ici … Là-bas, il y avait des gens qui venaient nous voir en concert et directement ils nous disaient « Ce soir, après ton concert, ou demain, vous faites un autre concert, moi je sais où vous emmener, je vous organise le truc… »

• Ouais et « Il y a une voiture qui va venir vous chercher et demain vous jouez là dans tel truc ».

Live à Xianyang
Live à Xianyang

• T’as pas besoin comme en France de booker une salle genre six mois en avance quoi, ça va très vite !

• Ouais eux ils passent des coups de fils, hop, ils sont là « Je t’amène des artistes… » On allait dans des salles où les gens ne savaient même pas qu’on allait jouer ! Et par exemple, dans la même soirée, on a joué dans un festival d’étudiants je pense qu’on peut trouver des petites vidéos sur internet … Et direct après c’était dans une boîte de strip-tease !

• Ouais c’est ça il y a un mec qui vient et, bon ben voilà comme ils ne parlent pas tous très bien anglais et tout, on ne comprenait pas tout ce qu’il se passait en fait ! On nous disait « Montez dans la voiture » alors on prenait la guitare on prenait l’ordi et alors « Ah où est-ce qu’on va jouer ce soir ? Oh bah tiens, un club de strip-tease ! » (rires) On jouait au milieu des nanas presque enfin bon c’était n’importe quoi !

• Pour la petite anecdote aussi dans cette voiture … En Chine donc on avait une manageuse qui s’appelait « Chao Chen » et elle ne buvait pas énormément mais ce soir-là, elle a énormément bu ! Il y avait une voiture donc qui nous conduisait à l’autre salle, « Chao Chen » elle était devant à la place du passager, elle commençait à se sentir pas bien, il faisait très chaud donc on avait tous les fenêtres ouvertes… Et en fait, elle a vomi par la fenêtre et tout est re-rentré par la vitre de derrière !

(rires) Oh merde !

• On s’est fait asperger de nouilles chinoises juste avant d’aller jouer dans la boite !

• Typique jusqu’au bout !

• Ouais voilà ! Donc après ça nous a permis en Chine avec les connaissances qu’on s’est fait de…

• Bah d’y aller trois fois et on a fait trois tournées là-bas du coup ! On est restés trois fois un mois.

• Et c’est courant les groupes qui débarquent comme ça et puis finalement on les balade un dans le pays ? Il y a un réseau ?

• Ouais j’ai l’impression qu’il faut arriver à crever le truc et y aller ! C’est ça en fait !

• Voilà, et ils sont comme des éponges, ils adorent tout ce qui est nouveau, et c’est vrai que de l’électro-punk… Il y avait très peu de personnes qui connaissaient PRODIGY par exemple ! Bon, alors qu’on a trouvé une meuf qui connaissait CHEMICAL BROTHERS tu vois. Mais vraiment, ils étaient complètement en dehors de toute cette scène…

• Puis ils sont très… Ils écoutent pas mal de punk mais tu sais du punk gentillet, un peu à la THE CLASH revisité…

• Ou même RANCID. Les RAMONES ils sont à fond …

• Du coup ce qu’ils écoutent en électro bah voilà ça vire très vite à la soupe version MTV tu vois ! Enfin c’est pas sympa de dire ça mais …

• C’est ce qui est dommage avec cette scène, c’est qu’elle est rapidement pourrie par plein de groupes comme ça en fait…

• Oui mais c’est ce qui est connu et commercial. Après nous ce qu’on écoute dans la scène électro c’est plus BLOODY BEETROOTS qui ressemble un peu à Malakwa on va dire… Dernièrement avec Marina on a sorti un nouveau projet qui s’appelle LA CROIX ET LA BANNIERE et donc ça c’est de l’électro assez lent un peu à la GESAFFELSTEIN, un peu techno, avec que des machines. On utilise presque plus d’ordinateurs on est revenus aux machines pour avoir un son bien analogique. Voilà, on a sorti deux morceaux… Après il y a CARPENTER BRUT qu’on aime beaucoup, c’est quand même de l’électro qui vient du metal.

• C’est pas le groupe avec un mec qui vient de la scène black ?

• Ouais, carrément ! C’est ça qui est le plus intéressant !

• OWL VISION qui est super aussi en électro.

• D’accord, j’irai voir tout ça parce qu’il y a encore pas mal de trucs que je ne connais pas.

• Après on aime beaucoup aussi LITTLE BIG, je ne sais pas si tu connais ?

• Ouais, ça tourne pas mal c’est déjà leur 2ème tournée en France en un an ou deux je crois ?

• Ouais on a fait deux dates avec eux à Marseille, c’était super cool ! Ah ça c’était une super anecdote de soirée aussi (rires)

• Noooon !

Malakwa & Little Big à Marseille
Malakwa & Little Big à Marseille

• Sont aussi givrés que sur scène ou… ?

• Ouais, alors je vais te raconter … La première fois qu’ils viennent à Marseille on joue au Molotov. Donc déjà ils arrivent, ils nous disent « Bon il nous faudrait un petit truc avant la scène, si vous avez de la coke et tout… » donc moi je leur dis « Ben je vais essayer de vous trouver un truc ». Nous en général on ne fume que de la weed donc… On se cale dans les petites loges du Molotov et tout ça, je parle à un gars et en fait il y a un autre gars qui dit « Ben j’ai un pote qui est avec moi qui a vraiment TOUT ce que vous voulez ». Bon ok, il rentre dans les loges, il comment à sortir des trucs… Marina qui normalement ne prend pas grand-chose commence à en prendre pas mal avec Olympia, tu vois la chanteuse de LITTLE BIG ? Donc elles commencent toutes les deux à prendre pas mal de drogue, moi je vais faire mes tours, je commence à installer le matos, et quand je reviens en fait, Marina était en train de rouler des patins à Olympia (rires) sur les genoux d’une sorte d’énorme mec, une sorte de gros skinhead qui leur donnait tout ce qu’elles voulaient mais alors on ne savait plus ce que c’était ! (rires) Vu l’état de Marina je pense que c’était plus de la MD…

• Quel tableau !

• Ca a fini mais c’était CARNAGE ils sont vraiment super cool ! On a vraiment énormément rigolé avec eux c’est des gens vraiment super ! On est partis du Molotov vers 4h du mat’ et au final en rentrant à la maison Marina était complètement déchirée à essayer d’ouvrir le canapé lit et a explosé la véranda ! (rires)

• J’ai pété la baie vitrée ! (rires) On appelle ça une soirée cimetière indien en général.

Malakwa & Little Big
Malakwa & Little Big

[…]

• On a fait quelques tournées dans les pays de l’Est donc, dont une première en 2010 non ? On a fait Slovénie, Roumanie et…

• Ouais on est allés en Hongrie on est allés en République Tchèque… Enfin on a vraiment fait toute cette zone-là quoi !

• Donc là on a eu une petite histoire aussi donc on arrive dans les pays de l’Est, on arrive en Slovénie, dans un énorme squat ! C’était une piscine abandonnée donc c’était terrible ! Vraiment excellent !

• Pas mal comme cadre ! Mais c’était repris par une assoc’ ou à l’arrache ?

• A la base c’était un roumain qui organisait un gros festival à Timisoara et le mec nous a dit « Je veux vraiment que vous veniez » mais alors voilà, clairement, il n’avait pas un budget ! Déjà le pouvoir d’achat entre la Roumanie et la France, on est d’accord, ce n’est pas le même ! Donc en fait le mec avait beau déjà nous proposer un cachet qui était super intéressant pour lui, pour nous c’était limite tu vois ! Donc on lui a dit « On vient il n’y a pas de problème par contre tu nous book des dates sur la route pour qu’on ne se tape pas trente heures de camion d’affilée tu vois ! » (rires)

• Et il nous a booké des dates super cool qui avaient l’air vraiment… Quand on arrivait dans les lieux on se disait « Oh putain, où est-ce qu’on est arrivés ?! » et en fait c’était terrible, il y avait beaucoup de monde…

• C’était super cool ouais !

• Des orga nickel qui te donnaient le cachet quand tu arrives… On voit rarement ça en France, vraiment ! Parce que là, les gars quand ils te lâchent 200€, je peux te dire que c’est énorme pour eux ! Donc au total on avait un cachet qui était moyen, et l’aller-retour en voiture jusque Timisoara en Roumanie. Donc on arrive dans la première salle, nickel, ça se passe super bien ! Bon, un peu glauque l’ambiance parce qu’en fait …

• Non mais ça en fait c’était la première salle…

• C’était en Slovénie !

• Ah oui et toi tu t’étais baigné dans un truc bizarre !

• Ouais, je me suis baigné dans une rivière…

• On aurait dit une sorte de station d’épuration ! C’était horrible… (rires)

• Il y avait une usine qui faisait du tissu au-dessus, l’eau était très-très-très bleue tu vois ! (rires) et moi je me suis dit « Super, génial ! » on n’a pas pris de bain pendant un moment…

• Ils faisaient des jeans en fait !

• Et quand je suis rentré dans l’eau, je me suis rendu compte qu’en fait elle était tellement laiteuse que je ne voyais pas mon corps à l’intérieur quoi ! Et là, il y a un mec avec un espèce de kyste énorme qui me regarde et qui me fait « Tu ne devrais pas te baigner là-dedans… » (rires) Voilà donc cette date se passe super bien, on part le lendemain, on prend la voiture et on va à Budapest ! Et je ne sais pas comment on est arrivés … on est arrivés un jour trop tôt à Budapest (rires)

Sitop Photographie (Romain Giusiano)
Sitop Photographie (Romain Giusiano)

• Ouais le gars nous avait booké un hôtel mais impossible de le contacter, IMPOSSIBLE, vraiment !

• Donc on s’est garés devant la salle, au bout d’un moment on a laissé tout le matos dans la voiture, on est partis faire la fête ! On est allés dans une sorte de squat énorme, on a rencontré des français, une française avec qui on a fini la soirée nous a dit « Ben venez dormir chez moi », on est allés dormir chez elle…

• Et bien sûr on s’est fait avoir comme des bleus, on était bourrés, on s’est fait voler tout le matos !

• Voilà, on s’est réveillés le matin, il n’y avait plus rien dans la voiture. Il y avait juste quelques sous qu’on avait laissé sous le tapis de la voiture…

• Et mon sac de fringues ! Eux on leur avait même pris leurs fringues ! (rires)

• On était avec un autre pote, on était trois sur la tournée. Donc le lendemain, notre pote qui était carrément redescendu du LSD, c’est lui qui a découvert la voiture comme ça… On va chez les flics, ils font la déposition… On était en re-descente c’était l’horreur. Et là en fait on se dit : c’est horrible, on n’a plus rien, on est obligés d’aller jusqu’en Roumanie pour jouer sinon on n’aura même pas de cachet on n’aura même pas les sous total pour pouvoir rentrer, on sera en perte ! Donc on appelle le gars en Roumanie, on lui dit « Bon ben voilà on s’est tout fait voler, il faut que tu nous trouves du matos de Dj, une guitare et un micro ! » Et il nous rappelle et il nous dit « Ben j’ai trouvé tout ça plus une bouteille de pastis ! » (rires) Et là on est arrivés au festival et en fait les gars nous ont filé du matos ! Et nous, comme très souvent on se fait des CDs avec les rythmiques, pour dans la voiture tu vois écouter les rythmiques avant d’aller à un concert… Donc on a mis ça et on a fait le concert en Roumanie, à Timisoara ! Et ça, d’avoir perdu toutes nos machines, parce qu’à l’époque on bossait sur des électribe, ça nous a permis de passer sur ordinateur et prendre une nouvelle évolution dans Malakwa. […] On a joué aussi pas mal dans les pays de l’Est, et donc il y a un mec qui nous a pas mal fait tourner là-bas… et en fait il se fait appeler Narco Pollo !

Live à Prague, Hoodoo Club http://galerie.sanctuary.cz/
Live à Prague, Hoodoo Club http://galerie.sanctuary.cz/

• Mais en fait c’est rigolo comment on l’a rencontré Narco ! Parce qu’à la base c’était un gars… ohla je ne sais plus comment il nous a trouvé … Un mec qui nous fait jouer dans un gros festival indus …

• C’était par rapport à un label qui s’appelle Audiotrauma en fait, dans l’indus, noise…

• C’est pas Audiotrauma. 

• Ah ben celui-qui nous a fait tourner en Roumanie, à Budapest.

• Peut-être… donc une autre année, on nous book à un gros festival à Olomouc, au fin fond de la République Tchèque. Et en fait… Putain c’était la merde ! Alors attends : on jouait à Olomouc, il fallait absolument qu’on passe par Paris pour raisons personnelles le lendemain, avant de jouer à Genève ! Donc en fait on avait, je ne sais pas si t’imagines, le vendredi soir au fin fond de la République Tchèque, passage obligé par Paris puis Genève le samedi soir !

• Ah mais c’est comme ça qu’on l’a rencontré, exact !

• Oui ! Et donc on a du faire le concert et on était à 3h de Prague et après on devait prendre un avion à 6h du matin pour passer par Paris, aller faire ce qu’on avait à y faire puis y prendre un train qui nous amènerait à Genève en fait (rires). Alors là du coup on prévient l’organisateur on lui dit « Par contre mec, on fait le concert, on replie presque direct on n’a pas le temps de faire la fête parce que forcément euh… pas le temps ! Et faut que quelqu’un nous amène avant 6h du matin pour prendre l’avion à Prague ! » et là le mec nous dit « Ca y est j’ai votre chauffeur ! » Et là on voit un mec mais dééééchiré… Mais, vraiment. (rires) Tu sais le mec, un peu cliché, dreadeux, habillé en punk à chien et tout !

• Complètement explosé on ne voyait même plus ses yeux et tout…

• Et puis il n’arrêtait pas de se tirer des traces ou de se rouler des pétards…

• C’était en mode tout ce qu’il pouvait faire il le faisait quoi !

(rires) Ca rassure pas sur l’arrivée à destination !

Live au Divan du Monde, pic par Loic LOST Stephan pour Radiometal
Live au Divan du Monde, pic par Loic LOST Stephan pour Radiometal

• Exactement ! Et donc nous on voyait l’heure tourner on savait qu’il fallait qu’on parte à 3h du mat’…

• Ah et ce que tu ne sais pas c’est que Mat’ il est un peu en stress sur les horaires, il est très cadré, très « ohlala on est en retard et tout !! » (rires)

• Ouais, et donc j’arrêtais pas d’aller voir ce mec et de lui dire « Bon, on ne va pas tarder… »

• « On a bientôt l’avion, on a 3h de route tu vois ! »

• Et il disait « No stress, no stress… » et il se tirait des rails, il fumait, il fumait…

• Et puis surtout après il continuait dans le camion quoi ! Camion qui nous ramenait à l’aéroport !

• Voilà ! Il y avait un mec à l’arrière qu’on ne savait pas qui c’était… Mais à la fin on a découvert que c’était le guitariste d’un autre groupe…

• Le mec qui s’est endormi là, bon il aura été jusqu’à Prague puis si ça se trouve il sera revenu sans s’être rendu compte ! (rires)

• Exactement ! Et à l’avant il y avait Narco Pollo notre conducteur, à droite il y avait son meilleur pote ! Les deux étaient super cool mais alors extrêmement déchirés ! Et là donc on part en camion, ils avaient un super camion avec la télé dedans… On a compris après pourquoi on t’expliquera !

• Le camion de malade !

• On s’est dit putain c’est un truc de fou quand même ce mec a l’air complètement arraché / punk à chien, il a vraiment un camion à l’agence tout risque tu vois ! (rires)

• Genre il appuie sur un bouton, t’as la télé qui sort du toit avec du putain de son…

• Donc il nous met de la hardtek sur la route là sans s’arrêter, nous on en pouvait plus on ne voulait que dormir…

• Ouais là en fait on se disait « Oh putain, le seul créneau du week-end où on peut dormir c’est pendant ces trois heures et puis en fait… » Et là le mec nous met de la hardtek !

• Il nous fait « Ecoutez mon son ! » Il nous met des vidéos de concerts … Et donc là pareil dans le camion les sachets de coke à l’avant, sur le tableau de bord, ils commencent à nous rouler des joints parce qu’ils avaient capté que nous on adorait les joints et qu’on ne prenait rien d’autre, ils nous disaient « Fume, Fume ! » – « Non mais pas dans le camion… » – « Si vas-y fume, fume, fume ! » Bon on s’arrête sur une aire d’autoroute, ils achètent une bouteille de whisky…

Pic live par Nicolas Delpierre
Pic live par Nicolas Delpierre

(rires) On ne sait jamais au cas où il n’y ait pas assez…

(rires) Exactement ! On essaie de leur dire quand même qu’on est un peu pressés et tout… « Ouais t’inquiètes, t’inquiètes on va l’avoir ! » Et là on était à quoi, une demi-heure sur l’autoroute, on commence à voir les panneaux pour Prague et tout…

• On se disait « Ca va, on va avoir notre avion » et tout tu sais ! (rires)

• Le tableau de bord commençait vraiment à ressembler à un atelier pâtisserie (rires) de la « farine » partout c’était n’importe quoi ! Et là sur l’autoroute, hop, on voit une voiture qui arrive derrière nous, et là, les flics ! Paf, sur le bas-côté… Alors là je deviens blanc en plus moi je suis complètement paranoïaque ! Et là, je dis clairement à Marina « Bon ben c’est clair là c’est mort… »

• « C’est fini, c’est foutu, on va finir en taule… »

• Les deux devant je les vois ils commencent à … En fait ce qui est bizarre c’est qu’ils ont juste caché la bouteille de whisky dans la boîte à gant ! Ils ont soufflé sur le tableau de bord (rires)

• Aaah mais ils ont mis un journal aussi dessus pour cacher ! (rires)

• On s’est arrêté, donc le flic arrive, se met à la fenêtre et là le meilleur ami de Narco Pollo il se retourne, il me regarde et il me fait « It’s okay… » (rires) Là je commence à m’énerver je commence à lui dire « Non mais mec il n’y a pas de « no problem » là ! C’est foutu pour nous, c’est fini quoi ! »

• Déjà on n’a pas notre avion, mais ça c’est pas le plus gros problème comparé à ce qui va… hein ! (rires)

• Un flic qu’arrive sur le côté, il commence à voir tout ce qu’il y a sur le tableau de bord et tout, il arrive à la fenêtre il nous demande directement nos passeports… donc il prend les passeports de tout le monde et il va directement au camion … Et là donc gros blanc, et ils n’arrêtaient pas de se retourner et de nous dire « No it’s okay, it’s okay… ». Narco Pollo prend un truc dans la boite à gant, il sort de la voiture, va dans le camion des flics et ça dure quoi, vingt minutes et il revient avec… (rires) son pochon d’herbe, son pochon de cocaïne, nos passeports, TOUT et il re-rentre dans la voiture et il nous dit …

• « It’s okay, it’s okay » (tous en chœur) (rires)

• Rha c’est bon ! Combien de temps il nous reste ? Vingt minutes ? Boah nickel …

• Il a roulé à 200km/h, on est arrivés à l’avion on était complètement traumatisés ! (rires)

• En mode on a sauté dans l’avion on était genre « Qu’est-ce qui nous arrive… ! » (rires)

• On a rien compris et en fait ce conducteur, il nous a posé à l’avion et il nous a dit « Je vous rappelle bientôt pour d’autres concerts. » (rires) Et là on s’est dit « Bon alors lui il est complètement barjo, c’est vraiment un fêlé ! » Il a dû payer les flics, clairement…

• Oh oui il a dû les payer ou leur filer… Bon on a jamais trop su, c’était tellement pressé !

• Et c’était tellement absurde… A mon avis il a dû leur filer de la coke et du fric. Et en fait ce mec, vraiment, six mois après il nous renvoie un message « Ben voilà j’ai organisé un festival électro grindcore donc vous seriez un des groupes qui jouerait… » Et on s’est rendu compte que ce mec, non seulement il a un groupe qui s’appelle M.A.C OF MAD, d’électro grindcore, mais en plus c’est un ancien champion de ski qui a eu énormément de sous avec ça, qui est devenu le gérant d’un des hôtels les plus connus à Prague, qui est au pont Charles. Et donc il nous a dit « Venez, je vous organise la tournée, vous venez dans mon hôtel… »

• « Vous venez passer autant de temps que vous voulez dans mon hôtel » et alors laisse tomber l’hôtel génial, on a été accueilli comme des princes…

• D’où le camion bling-bling…

• Ouais en fait le gars il était juste pété de thunes !

• Il nous a organisé une tournée géniale donc avec AUDIOTRAUMA, CHRYSALIDE…

• Ouais, trop bien, on a fait trois tournées avec lui et à chaque fois c’était des conditions de malade quand on était à Prague… Par contre après quand on partait en Slovaquie, euh… (rires)

• Ouais mais quand on était à Prague c’était le paradis ! Avec les jours off pour profiter tous les deux de la ville…

• Hey bon contact hein comme quoi ! C’est ça qui me fait marrer c’est que beaucoup de groupes ont des aventures barrées un peu comme ça, les trucs improbables ou t’as un petit coup de speed en te disant « Oh putain c’est quand même mal barré » et au final t’arrives à en rire …

• C’est ça qui fait la musique aussi ! Nous on peut dire que Malakwa ça nous a fait énormément voyager.

• Ouais t’as pas besoin d’être une rockstar pour partir en tournée et qu’il se passe des choses…

• En même temps c’est vrai que c’est pas non plus toujours drôle aussi, parce qu’on s’est retrouvés à dormir dans des trucs des fois…

• Quand tu t’es fait voler tout ton matos en Roumanie ou quand tu te tapes des aller-retours… A Genève on était morts ! On a quand même fait le concert c’était terrible mais…

• Ouais au bout d’un moment on s’est effondrés, il n’y avait plus personne ! (rires) Ca faisait genre trois jours qu’on était sur la route…

Ebullition Suisse 2011 ® STEMUTZ Photo
Ebullition Suisse 2011 ® STEMUTZ Photo

• Puis pareil les tournées avec Narco Pollo, il y en avait tellement que tous les soirs c’était une nouvelle anecdote en même temps ! On est arrivés dans une salle, c’était à Bratislava, on a roulé dans la forêt pendant peut-être deux ou trois heures et on est arrivés dans des espèces de zones industrielles abandonnées mais alors vraiment à la Mad Max c’était un truc de fou ! Ah il y a le truc à la Mad Max aussi…

• Ah ouaaais ! Oh ça c’était bizarre aussi !

• Ouais ! Donc on arrive dans cette salle et Narco Pollo nous dit « Bon ben voilà, à Prague c’était cool, vous aviez la suite et tout, bon ben maintenant on va rentrer dans le un peu plus profond des pays de l’Est, vous allez voir un peu ce que c’est… » (rires). Et on arrive dans une salle où l’organisatrice, « Petra », qui était une petite goth… je ne sais pas elle avait l’air mignonne sur le début ! Elle arrive dans les loges « Voilà, tout est installé, tout est bien ! Vous voulez manger quoi ? » – « Ben on veut bien commander des pizzas » – « Ok nickel j’apporte ça !». Là la meuf part… Et en fait, on attend les pizzas pendant, je ne sais pas, une heure, une heure et demi… Et on ne trouvait plus la meuf tu vois. Au bout d’un moment, on va voir Narco Pollo, on lui dit « Mec, tu sais pas où elle est « Petra » ? », il se met à rigoler et nous dit « Ouais, vous allez voir en fait l’envers du décor ici… ». En fait « Petra », elle créait son propre LSD (rires) et donc du coup à partir du moment où elle nous a dit « Je vais chercher les pizzas » il s’est passé voilà, une heure et demi, deux heures, et c’est devenu son trip de la soirée, la meuf elle venait, alors que nous on avait commencé le concert sans elle, tout le monde était déchiré c’était n’importe quoi, il n’y avait plus personne qui gérait ! Elle est montée sur scène pendant qu’on jouait elle était là « Ouaaaais ! »

• Elle m’a débranché ma guitare ! Elle s’est embranchée dans les fil, elle a tout arraché et c’est l’organisatrice ! Tu te dis « Oh putain ! On est mal barrés là !» (rires)

• Elle te roulait des patins après sur scène! (rires) Et toute la soirée elle disait « Les pizzas vont bientôt arriver, les pizzas vont bien arriver ! » (rires) Jusqu’à 3h du mat’, c’était n’importe quoi… On avait joué avec un gars il s’appelait Dj Skull Vomit, un new-yorkais…

• Ouais, on avait dormi avec lui et il n’arrêtait pas de péter c’était insupportable ! (rires)

• Ah ouais tu te rappelles de ça particulièrement ! (rires)

• Ah ouais laisse tomber ça je m’en souviens bien ! Il était un peu obèse et il avait du mal à se nourrir de façon saine, et donc son transit c’était pas cool (rires)

• Tu vois par exemple, anecdote pourrie, quand t’es obligé de dormir avec plein de gens !

• C’était des dortoirs au niveau de la salle ou… ?

• Non c’était chez des potes à l’organisatrice, « Pioumik », on est arrivés chez lui et sa copine, ils nous ont dit « Il y a du fromage dans le frigo », ils nous ont donné les clés et ils sont partis en soirée ! (rires) Il y avait un autre truc qu’on voulait dire…

• Le truc à la Mad Max ?

• Ouais ! Alors ça, ça date un peu, c’était genre voilà, à l’époque on ne tournait même pas pour un cachet c’était les débuts du groupe, c’est pour ça que quand l’orga nous avait dit « Je vous paie en essence » on avait dit « Boah allé ! » (rires)

• (rires) « Tant qu’on peut aller jusqu’à la prochaine date ! »

• Ouais c’est ça ! Le mec nous contacte et en fait ils avaient une assoc’ de fans de Mad Max et en soit sur le papier c’était génial ! Les mecs fabriquaient eux-mêmes leur buggy avec des lance-flammes, c’était juste trop fou quoi ! C’était un show complètement dingue ! Ca s’appelait « hardcore nation » mais ça n’existe plus je crois. Et donc on nous emmène dans un coin, ultra paumé en plein nature et tout, et en fait c’était un terrain militaire à la base qu’ils avaient… Je ne sais même pas s’ils avaient les autorisations en fait ? Et là, on voit des structures de malade, on se dit « Mais putain, OU on est tombés quoi ?! » Il y avait des caravanes, des camions, des véhicules complètement dingues et tout… Et là du coup on arrive sur le lieu du concert, il y avait le clown… La caravane ? Non je ne sais plus…

• Alors en fait ils avaient fait un spectacle, avec une sorte d’énorme arène, c’était comme une free party, sauf que voilà ils avaient des buggy avec des lance-flammes, un show mais énorme ! Et au début on s’est dit « Putain c’est quand même bien organisé comme truc ! » mais ils n’arrêtaient pas de nous dire « Non non en fait on est là c’est un peu illégal … » Il y avait donc cette énorme arène avec les barrières, ils avaient construit des espèces de décor avec des tours et tout ça et ils ont fait un spectacle à la Mad Max, ils se tiraient au lance-flamme dessus, ils grillaient les tours et tout ça … On arrive devant ce spectacle, on regarde et on se dit « Mais putain c’est la caravane dans laquelle ils voulaient qu’on dorme là qu’il y a sur scène ! »

• Ah ouais et où nous on devait mettre nos affaires … Ils nous avaient dit « Allez-y, mettez tous vos instrus dans la caravane, y a aucun problème ! »

Live à Marseille, 2011
Live à Marseille, 2011

• Tu parles en gros paranos on avait tout gardé avec nous, on a eu de sales expériences on préfère les garder. Et donc là sur scène on voit la caravane, on se dit « Woah putain quand même… »

• Et là on voit un clown défoncé et un petit gamin qui arrivent, le gosse devait avoir, je ne sais pas, 6 ans ?

• En fait le gosse se tenait la barrière comme ça tu vois ?

• Et il arrêtait pas « Hey le clown c’est mon papa ! » Il était trop fier que son père soit sur le devant de la scène !

• Et donc son père prend la 205, il a foncé vers un tremplin, et nous on pensait qu’il allait sauter par-dessus la caravane qu’on avait, en fait non il n’a pas sauté par-dessus… Il a COMPLETEMENT traversé la caravane avec la 205, et là la caravane a pris feu il y avait un système pyrotechnique et ils ont carrément brulé la caravane dans laquelle on devait dormir ! (rires) Et du coup à la fin du spectacle, on va les voir et on leur dit « Hey mais les gars, on dort où maintenant ? » – « Ouais au dernier moment on s’est dit qu’en fait c’était la plus vieille caravane, ça pourrait être fun si on pouvait la brûler ! »

• (rires) Putain heureusement que vous n’avez pas mis le matos, t’imagines la scène ?!

• Putain mais heureusement qu’on n’était pas dedans ! Tu vois le truc arriver ! (rires)

• Le truc c’est qu’ils étaient tous tellement déchirés qu’en fait je pense qu’il y avait plein de choses qui n’étaient pas gérées ! Comme le clown qui sort de la 205, il a les yeux qu’étaient comme ça « Ouaaaaaieeeeeuh ! » tu voyais vraiment que les gars ils étaient au bout quoi… Et donc à la fin nous on a joué dans une sorte de grotte mais ils avaient eu la super idée d’allumer des bidons ! C’était en pleine nature donc il faisait très froid, ils avaient mis des bidons enflammés, mais dans la grotte ! Donc en fait il y a la fumée qui a commencé à remplir la grotte… nous on commençait à ne plus pouvoir respirer (rires) et les seuls qui pouvaient rentrer dans la grotte c’était leurs chiens (rires) donc on était dans une grotte en train de jouer comme ça avec plein de chiens autour de nous c’était vraiment horrible ! (rires)

• Ouais mais c’était tellement drôle !

• Concert pour chiens ! Enfin les chiens étaient en meilleur état que tous les autres gars…

• Ah mais tout le public était juste défracté quoi ! Je crois qu’il n’y en a pas un qui tenait la route quoi !

• Et en partant du concert on leur a dit « Bon les gars maintenant stop ! On veut notre cachet, on se casse » et en fait ils nous ont donné deux bidons d’essence ! (rires) Et on est partis. Boah on s’est dit « A la Mad Max : à la Mad Max ! »

• Et sinon tu disais pour ce qu’il va se passer plus tard, sur l’avenir etc. du groupe, ben là les projets comme je te disais on a un nouveau line-up donc il faut commencer à bosser avec eux …

• On aimerait composer avec eux aussi, ce qu’on ne fait jamais ! Mais là vraiment c’est des gens qu’on connait et surtout c’est des artistiques ! Ils touchent à pas mal de choses aussi et sont surtout hyper ouverts musicalement ! Et nous, il nous faut absolument ça parce qu’il peut arriver des fois où on arrive le matin, on a envie de faire de l’électro et le soir on a envie de faire du punk, et faut que la personne nous suive tu vois…

Malakwa line-up 2016
Malakwa line-up 2016

• Et là je sens que ce qui se profile c’est un truc beaucoup plus rock quoi !

• On va épurer la machine de plus en plus ouais.

• Ben c’est pour ça qu’on a créé La Croix et la Bannière parce que là pour le coup c’est 100% électro et là, maintenant avec les potes on va faire un truc beaucoup plus rock, presque plus d’électro, peut-être un petit fond, des petites ambiances…

• Toujours tourné vers le punk ou… ?

• Ouais. Au final on ne se rend pas trop compte… En fait on écoute tellement de styles différents, tu vois on écoute du hip hop, de l’électro, du rock, du punk, du metal… qu’on ne sait pas vraiment nous ce qu’on fait ! On peut te dire « Tel morceau ce sera un morceau électro punk, tel morceau électro doom… » mais après…

• On ne s’est jamais dit « On va faire du… » On fait le morceau et laisse les gens dirent ce qu’ils pensent de…

[…] Nous notre but principal c’est créer, que ce soit dans la musique, dans l’art … Moi je suis graphiste à côté, Marina fait du design sonore pour dessin animés, films, théâtre… Après dans Malakwa on a changé de musiciens souvent parce que… c’est vrai que peut-être qu’au bout d’un moment les gens craquent un peu d’être avec nous. Parce que comme on est un couple aussi, on se lève le matin, si on a envie de faire de la musique à 8h du mat’ on allume l’ordi et on fait de la musique ! On n’a pas de limite dans les horaires ou…

• Genre les vacances on ne sait pas ce que c’est ! (rires) Enfin je ne dis pas non plus qu’on est tout le temps en train de cravacher au boulot mais c’est que, quoiqu’il arrive, il y a toujours un moment où on se dit « Ben non là on est sur tel projet » …

• Et c’est arrivé qu’en répèt avec des musiciens, on leur dise « Ben tout ce que t’as entendu hier, tu peux le foutre à la poubelle, on a bossé toute la nuit avec Marina et maintenant on fait ça » et c’est vrai qu’il y a des musiciens qui…

• Ben le batteur qu’on avait avant pour lui c’était pas possible de bosser comme ça hein !

• Ah mais il nous a dit « Vous êtes des fêlés en fait ! » (rires) « Vous ne savez même pas ce que vous voulez… » Après les deux musiciens qu’on a là maintenant, j’ai l’impression que ce genre de choses c’est pas un problème parce que c’est le genre de mec qui va te dire « Ah ouais t’as tout changé ? Eh ben écoute, asseyons-nous et discutons de pourquoi t’as tout changé… » ou « Moi j’ai encore pensé à un autre truc » c’est ça ! Là on a fait aussi beaucoup de clips avec Malakwa prod’ pour d’autres groupes…

Wepachabab Fest 2013, Sophie Hervet Photographie
Wepachabab Fest 2013, Sophie Hervet Photographie

• Pour qui par exemple ?

• Alors on a fait BE MY ENEMY, c’est l’ancien guitariste de CUBANATE, c’est un vieux groupe d’indus qui tournait avec NIN… ils ont fait un morceau avec nous d’ailleurs. On a fait aussi pour SKINSITIVE, une fille de Paris qui fait du… pour moi c’est un peu de NIN féminin. On a fait pour MISERABLE FAILURE, c’est grind core / thrash… de Marseille, avec Mika bleu, un mec avec qui je bossais à Season, le leader aussi du label Never Dead et Custom Core bien connu dans le hard core ici… Donc là ce clip était génial aussi, bonne anecdote de tournage ! De la weed beaucoup trop forte qui ruine un tournage où les gars doivent être pendus… En fait ils jouaient pendus, avec un sac sur la tête…

• Et ils se sont endormis ou… ?

• Ils n’avaient pas l’habitude…

• Ben ils ont fumé de la weed et il y a eu un bad trip on a dû presque appeler les pompiers, t’as une maquilleuse qui ne pouvait pas maquiller un gars tellement il suait, rien ne tenait sur sa gueule (rires) et un autre qui s’est évanoui au moment où on le pendait donc en fait il a vraiment failli se pendre… On avait un iguane à gérer dans la chambre aussi… Il a dû vraiment se pisser dessus aussi pour faire la scène, vraiment genre, quand tu te pends tu te pisses dessus… (rires) Qu’est-ce qu’on a fait d’autres…

• Et sur vos tournages de clip il n’y a pas d’anecdotes justement parce qu’ils sont quand même très barrés…

• En fait les clips de Malakwa ce qui est cool c’est qu’on a une bonne équipe d’amis autour de nous qui ont chacun leur spécificité dans la vidéo…

• Ouais moi j’ai fait une fac de ciné si tu veux et c’est un peu là-bas que j’ai rencontré les gens qui comptent un peu parmi … tu vois c’est con hein, les vrais amis je pense que tu peux les compter sur les doigts de la main, enfin ces amis-là quoi ! On a de la chance que ce soit ces gens qui travaillent vachement sur les clips, c’est un peu une famille tu vois…

• On n’a même pas besoin de se parler on se comprend ! Et c’est génial parce qu’il y a beaucoup de clips pour Malakwa qui ont été fait du jour au lendemain, comme par exemple « Witches », le clip avec Eva Dark la strip-teaseuse. Et donc Lisa c’est la meilleure amie de Marina et un jour elle venait à la maison quand on habitait à Paris, dans une colloc à Malakoff.

• Et en fait, Lisa avait besoin d’une bande démo parce qu’elle commençait à faire du strip, pour démarcher et trouver des shows … Et on se disait « Ah putain Lisa mais nous on veut faire un clip donc allez viens ! »

• « On veut une sorcière pour un clip on veut que ce soit toi ! » Et la même semaine il y avait Fabien et Chloé qui venaient habiter à Paris, ils sont venus chez nous avec Lisa et donc ce jour-là on s’est rendu compte que dans l’immeuble, il y avait une super cave, qui était à moitié inondée en plus…

• Et là j’appelle un pote, je lui fais « Hey mec, qu’est-ce que tu fais cet aprem ? » – « Ouais j’sais pas trop suis chez moi » – « Ouais mais mec, j’ai une super strip-teaseuse qui va te faire une lap-dance on va filmer tout ça et tout ! » – « Oh ben j’arrive tout de suite ! »

(rires) « Boh si ça peut aider mes potes ! »

• Exactement ! Dans l’heure il était là et on a fait « Witches ».

• Tourné en une aprem, on a fait ça sans scénario sans rien !

Eva Dark
Eva Dark

• Et en fait c’est vrai, Malakwa prod’, c’est un truc où on a toujours vu l’expérience humaine avant de voir qu’est-ce que ça allait donner. Malakwa prod, tous les gens qui ont bossé avec nous, c’est que des amis à nous. A part les clients qu’on a eu… mais toute l’équipe c’est que des gens proches de nous.

• Comme celui avec Ben aussi.

• Ben Ben c’est avec lui qu’on a fait notre tout premier clip, qu’on a réalisé en Auvergne…

• Ah ouais ça date parce que même nous on ne savait pas cadrer ni rien… On n’avait pas de scénario…

• « Vas-y cours j’te suis ! »

• Mais c’est ça exactement ! C’est mon cousin qu’est dans la vidéo aussi, il venait juste de chopper une super caméra et donc il ne savait même pas s’en servir hein clairement, on s’est dit « Allé, on essaye ! » On a dit à Ben « Bon ben qu’est-ce que tu sais faire ? Tu sais jouer ? Non ? Bon ben c’est pas grave ! »

• Et c’était marrant parce qu’on a shooté tout ce qu’on pouvait shooter, on a fait plein de tests comme par exemple Ben qui court et nous qui le suivons en voiture, tu vois ça fait l’impression qu’il y a des plans où il y a un rail ou quoi et en fait non, c’était des plans tout bête ! Et donc on a fait ce clip, Marina a fait le montage … Elle fait pas mal de montage, par exemple « Flesh and flies » c’est toi qui a tout fait, toute seule. Et donc pour « Gimme danger », d’ailleurs Ben c’est moi qui lui ai tatoué le Gimme Danger sur le torse …

• (rires) Ah c’est toi qui a fait celui-là ?

• Ouais ouais moi je tatoue un peu… (rires) après ce clip justement, qu’on a appelé Gimme Danger. C’était un morceau d’Iggy Pop à la base. Et donc ce clip on a fait on va dire un espèce d’amalgame de tout ce qu’on avait filmé cette semaine en Auvergne, on a monté ça complètement sans avoir d’histoire, et ce qui est marrant c’est que dans les chroniques de magazines, du label et tout… tout le monde a trouvé des choses à dire alors qu’au final nous on n’avait pas du tout pensé à ça comme par exemple « Oui alors quand il casse l’œuf il y a un liquide noir qui sort c’est la naissance avortée, c’est le mal de vivre ! » (rires)

• On a même été censurés dans Sonic Seducer parce qu’il retourne la croix sur le mur alors que… Ca va, faut pas déconner non plus ! (rires)

• Et en plus c’était vraiment du spontané quoi. Et après on a fait le gros clip « Make up your rules » où une trentaine de personnes ont bossé dessus, ça nous a donné un gros coup de pied au cul parce que là on s’est dit « Putain c’est quand même énorme, on a une trentaine de personnes qui déchirent autour de nous, des créateurs… », ça fait un staff énorme et on faisait ça entre 5h et 8h du mat’ avant d’aller au boulot, à la fac… C’est notre 1er gros clip et c’est avec « Make up your rules » qu’on s’est dit « On peut faire un truc, on peut faire de la vidéo et créer Malakwa prod’. » Mais ça restera toujours du … Nous même quand on bosse pour des clients, on ne demande pas des sommes astronomiques, on fait un budget pour pourvoir réaliser le truc tu vois…

Sitop photographie
Sitop photographie

• Après dans tout ce qui est à venir alors il y a la date au Rat’s samedi ?

• Ouais, après on joue à Paris le 8 mai (ndlr : RDV au Gibus Café !), normalement le 1er avril aussi avec AMBASSADOR 21 …

• A Lyon, à l’Ex-fest (ndlr : c’était le 26 mars) Un gros fest indus sur deux jours avec des gros noms ! AMBASSASOR 21, BAK XIII, SIVA SIX, MONOLITH, VIGILANTE…

• … Puis sûrement partir à Bali aussi.

• En one shot ?

• Ce serait deux dates sûrement et ce serait plutôt des set-Djs je pense.

• Oui parce que c’est sûr que là les deux autres du groupes ne vont pas pouvoir suivre.

• Vous prévoyez de remonter à l’arrache par l’Asie et refaire comme les pays de l’Est ?

(rires) Ben peut-être, ouais faut qu’on y pense mais moi j’ai envie de faire ça ouais.

• Et puis peut-être une date à Lille aussi !

Malakwa & Ambassador 21 à Lyon, 2016
Malakwa & Ambassador 21 à Lyon, 2016

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